La bibliothèque minimale ?

La France compte de nombreuses bibliothèques publiques de petite dimension, qui ne sont pas normatives au regard des critères fixés par le concours particulier de la DGD (à savoir  0.07 m² par habitants pour les communes de moins de 25 000 habitants). A cela s’ajoute des réseaux parallèles tel celui des bibliothèques pour tous.

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Aussi, la France ne compte-t’elle pas quelques 4000 bibliothèques publiques, mais plus de 10 000. L’offre de lecture publique est donc bien plus étoffée que ne le laisse apparaître la statistique publique. Et le territoire, surtout dans le monde rural, est couvert de petits établissements offrant certes une gamme de services plus limitée, mais que le public – si recherché – fréquente.

La diversité dans le monde rural

Les bibliothèques rurales sont en train de redevenir attractives et dynamiques en repensant leur offre et l’on doit largement se travail à l’action renouvelée des Bibliothèques départementales de prêt. L’exemple de la bibliothèque de Signy-l’Abbaye qui obtint en 2010 un prix du magazine Livres Hebdo est assez éclairant.

Le bâtiment mêle une médiathèque ainsi qu’un centre social. La médiathèque Yves Coppens  a obtenu de nombreux financements publics et il a rapidement rencontré son public. Sise dans le département des Ardennes, elle fait partie d’une série de projets initiés dans le monde rural profond afin de redéfinir l’offre de services aux habitants. Les Ardennes et la Marne (deux départements appartenant à la diagonale du vide)
se sont dotés d’établissements de ce type – notamment à Suippe – mutualisant plusieurs services municipaux ou intercommunaux, limitant ainsi les coûts et renforçant dans le même temps l’attractivité du territoire et de la commune concernés.

Ce mouvement général se développe en France depuis les années 2000 ; il s’est accéléré depuis le milieu des années 2000. Un rééquilibrage partiel du monde rural est donc en marche ; cependant, le retard a rattrapé est tel, qu’il est loin d’être achevé. Demeurent donc de très nombreuses bibliothèques fonctionnant sur un mode et selon des modalités assez traditionnels (une offre de livre et une relative prescriptions : cf. la tyrannie de la nouveauté). Elles se trouvent être simplement des bibliothèques minimales. Elles ne sont pas de simples placards à livres, mais des lieux de petite dimension, accueillant un public nombreux et souvent très demandeur. La bibliothèque dans les communes de moins de 3500 habitants est bien souvent l’unique lieu de vie, le service public ayant la plus grande durée d’ouverture (en dehors de l’accueil de la Mairie). Faute d’espace et de moyens suffisants, les services proposés en dehors du prêt sont peu développés, quelques animations pour les enfants, parfois une lecture ou une conférence pour les adultes, un concert même. Cependant, le public est toujours au rendez-vous.

Un exemple ?

Au pied du petit Luberon, la commune de Maubec s’étend sur un territoire viticole en grande déprise agricole. La commune compte quelques 2000 habitants. Et, le village se divise en deux entités, le vieux village médiéval, perché sur un contrefort du Luberon, l’extension plus récente dans la plaine. C’est dans cette seconde partie que se situent l’essentiel des services publics et que se concentre la majorité de la population.

La bibliothèque se trouve là, à proximité immédiate de la mairie. Il s’agit d’un établissement de très petite taille ; sa superficie est de 50 m² ; gérée par des bénévoles, la bibliothèque est ouverte quelques 8 heures par semaine et offre aux habitants moins de 5000 livres. Elle fait partie du réseau de la BDP du Vaucluse et bénéficie à ce titre de dépôts périodiques de livres (500 à chaque fois.)

L’ensemble de l’espace disponibles est occupé par les étagères de livres ; l’accueil n’est aucunement facilité ; pour recevoir des classes (ce qui constitue l’une des activités régulières de cette petite bibliothèque), il est obligatoire de déplacer un tiers des étagères. Toute animation devient donc rapidement un casse-tête. Pour autant les bibliothécaires ne baissent pas les bras et les quelques animations proposées trouvent rapidement leur public.

Ce type d’établissement est encore légion en France. Il ne convient nullement d’en faire l’éloge, mais de rappeler la réalité des enjeux de la lecture publique dans les territoires ruraux. Les moyens financiers manquant, l’espace fait défaut ; et c’est alors pour partie le système D qui prime (pour les animations, l’accueil, etc.)

Cette réalité rurale est d’autant plus palpable lorsqu’on regarde l’action des BDP dans les départements ruraux, notamment alpins. La Médiathèque départementale des Alpes de Haute Provence  a ainsi déployé un réseau de « micro-bibliothèques » dans des communes très faiblement peuplée (moins de 300 habitants, voire moins de 100 habitants). Ce système qui ne peut pas faire l’objet de financements de l’Etat permet néanmoins d’apporter à ses communes un outil de diffusion de la lecture publique (bien au-delà du simple placard à livres). Cela est d’autant plus nécessaire que ces petites communes ne disposent pas des ressources financières pour construire des établissements d’au moins 100 m². Et, il n’en reste pas moins que ces établissements sont les seuls lieux de vie de la commune.

Ces bibliothèques minimales continuent de rencontrer un succès grandissant ; de fait, aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est dans le monde rural que les taux d’inscriptions sont les plus élevés et demeurent les plus hauts. Ces établissements sont donc à regarder de près.

Une réflexion au sujet de « La bibliothèque minimale ? »

  1. médiathèque de quimperlé

    Oui il existe de belles bibliothèques dynamiques et très fréquentées en zones rurales ! D’ailleurs la moyenne du taux d’inscription dans les communes de moins de 20 000 habitants était (il y quelques années) de 25 % alors que celle pour les villes de plus de 20 000 n’était que de 17%.
    Toutefois, il ne suffit pas d’ouvrir un placard et d’y mettre trois vieux bouquins pour en faire une bibliothèque fréquentée. Les règles normatives ; m²/habitants, personnel formé, budget par habitant, nombre d’heures d’ouvertures… sont donc nécessaires voire indispensables pour garantir un service de qualité. Même une mise en réseau intercommunal ne peut s’affranchir de ces règles.

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