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L’évolution des bibliothèques – un slideshare éclairant

Ci-dessous un Slideshare de Vincent Chapedelaine, travaillant à Montréal pour la structure Espace Temps à Montréal. Il permet de prendre la mesure de ce que pourrait être l’évolution des bibliothèques en fonction de l’intégration de nouvelles pratiques te usagers culturels émergents, notamment autour du numérique.

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La bibliothèque publique d’Amsterdan

La nouvelle bibliothèque publique d’Amsterdam est vraiment à l’image de ce que peut être une bibliothèque 3e lieu : une architecture ouverte sur la ville, une architecture intérieure privilégiant les espaces ouverts, décloisonné, la détente et la convivialité, des collections lisibles et l’omniprésence du numérique.

Quelques liens me semblent intéressants pour se documenter sur cet établissement remarquables à bien des égards :

Une image saisissante :
Public Library Amsterdam (OBA) by Jo Coenen Architects in Amsterdam

Développement de la lecture et jeune public en bibliothèque

Les établissements de lecture publique ont pour mission d’amener vers le livre, le savoir et l’information, mais avant tout de développer la lecture. Et, cela passe pas le mise en œuvre très tôt d’actions en directions des enfants, puis des adolescents. Ainsi, le cœur de cible des bibliothèques en matière de public sont les publics dits jeunes. Et les actions à conduire doivent se structurer de manière précise et ordonnée.
Au delà de la nécessité de disposer d’espaces comme de collections adaptés aux différentes catégories de public (tout petits, enfants, adolescents), c’est les projets et les services mis en œuvre qui permettent de conquérir un public et de le fidéliser. Là réside tout l’intérêt du déploiement d’une stratégie de services.
Et la manière de toucher ces catégories d’âge repose et peut reposer sur des actions très diversifiées dont voici un inventaire non exhaustifs :

  • Pour les tout petits, développer des actions de sensibilisation en crèche et à la maternelle, mais également en PMI en privilégiant le contact avec le livre et un travail de lecture à voix haute ; il convient également de prendre en considération la question de la parentalité ; ainsi, le rôle du bibliothécaire n’est alors que celui de passeur : redonner le goût de lire et l’habitude de lire pour leur enfants aux parents (il doit rapidement s’effacer dans ce rapport) ; les CAF travaillent d’ailleurs fortement dans cette direction.
  • Pour cette catégorie d’âge, il semble aussi important de prévoir des temps d’animations et des moments forts sous forme de spectacle, d’expositions (éveillant les sens) ainsi que de temps de paroles et d’échanges pour les parents. La Médiathèque du Grand Troyes propose ainsi un « mois des tout petits » drainant un public nombreux.
  • Pour les enfants, l’offre de services à développer passe par des espaces réaménager, plus ludiques, mis en scène si besoin (l’exemple de la Médiathèque  du San Val d’Europe est assez éclairant de ce point de vue). Cela passe également par l’introduction de jeux très divers permettant aux enfants de s’approprier différemment les espaces mis à leur disposition, mais aussi par la proposition de petites formes (coloriage, instruments de musique, etc.). A cela doit s’ajouter une offre d’animations très diversifiées (heure du conte, petit déjeuner, goûters ludique, projections, ateliers musicaux, club de lecteurs, etc.).
  • Pour les adolescents, il faut recourir aux mêmes propositions en intégrant le jeu vidéo, des jeux adaptés sur place également ainsi qu’une offre documentaire liée à la musique, aux sports (bien différenciée de l’offre documentaire plus classique) ; il convient d’intégrer des espaces de travail mais également de détente où la parole est autorisée. Les projets d’action culturelle à développer passe par des animations allant des jeux de plateau aux club de lecteurs en passant par des concerts (sous la forme de show case). La dimension numérique est à prendre en considération notamment au travers de matériels adaptés (tablettes numériques, wifi, etc.)

Cela demande donc une réelle stratégie de service afin de construire une offre de services très structurée dans le but de toucher l’ensemble de ces tranches d’âge.

Un outil de mobilité développé par Archimed

La société Archimed vient de développer un produit mutualisé pour exposer son catalogue sur mobile et Smartphone à destination des bibliothèques et médiathèques. Il s’agit de l’outil appeler MobiLitté. Il s’agit selon les mots du blog de la société d’une :

«  application prête à l’emploi, accessible par simple abonnement pour la bibliothèque mais entièrement gratuite pour le lecteur, permet à votre établissement d’être visible en un tournemain et de proposer vos services aux lecteurs identifiés dans votre SIGB.

Grâce à MobiLitté, un lecteur peut interroger une base de plus d’un million et demi de livres et vérifier instantanément si l’édition qui l’intéresse est disponible dans votre bibliothèque. La base de données contient toutes les références distribuées en France. »

Elle n’est pour le moment pas déployée en bibliothèque. Il sera intéressant d’observer son usage et son intérêt dès 2012.

Pour Iphone

Le catalogue de la Bibliothèque publique de New York

La New York Public Library vient de se doter d’un nouveau catalogue en ligne particulièrement performant et innovant. Il intègre à la fois un outil de recherche fédéré ainsi qu’un outil plus classique de recherche bibliographique. Il est développé par la société Bibliocommons.

La recherche bibliographique est très simple et s’accompagne de possibilités de recherche enrichies par « tag », « tone », par « genre » et par « thème ». Cela permet de naviguer d’un univers sémantique à l’autre et offre de nombreux rebonds.

L’internaute est invité à enrichir les notices et à compléter son « bibliothèque personnelle » qui est publique, s’il le souhaite. Ce catalogue est un bon exemple de ce que constitue l’enrichissement en termes de contenus et la dimension participative d’un Opac aujourd’hui.

La NYPL propose d’ailleurs une vidéo présentant le fonctionnement de son nouvel outil de recherche.

Lecture publique et sécurité – 1

Comme tous les lieux recevant du public, les bibliothèques publiques connaissent des difficultés liées à une importante fréquentation et des conflits d’usage. Les personnels sont souvent insuffisamment formés ou désarmés face à ces problèmes qui deviennent récurrents. Face à l’obligation et à la nécessité d’accueillir tous les publics, l’institution doit apporter une réponse reposant sur deux piliers : la médiation et la fermeté.

Les éléments de la réponse institutionnelle peuvent être les suivants :

  • le règlement intérieur : il s’agit d’un document administratif, n’ayant pas de valeur règlementaire forte ; voté en conseil municipal, il engage à la fois la collectivité et l’usager. Il indique quelles sont les missions de la bibliothèque, son fonctionnement interne, ses horaires, la manière dont les usagers et les agents doivent se comporter ; il doit notamment insister sur l’usage d’internet dans les locaux, la présence ou non de vidéosurveillance, les comportements accepter ou tolérer, la question du bruit, etc.
  • la présence d’agents de sécurité-incendie : ces personnels doivent être membres de l’équipe de la bibliothèque ; ils ont pour missions d’assurer la sécurité des personnes et des biens dans le bâtiment ; comme les bibliothécaires, ils sont là pour veiller à l’application du règlement intérieur. Le cas échéant, ils peuvent jouer un rôle de médiation auprès des publics les plus difficiles ;
  • en fonction de la taille de l’établissement et/ou des difficultés qui ont pu se présenter, un système de vidéo-surveillance est implanté à l’origine ou peu l’être après coup ; il nécessite la présence de personnels formés à son usage et d’un PC sécurité (au-delà de la simple sécurité-incendie). Pour les grandes bibliothèques, ces systèmes sont relativement dissuasifs notamment en terme de limitation des vols (sur les collections et auprès des usagers) ; ils atteignent toutefois très rapidement leurs limites ;
  • la présence de personnels mobiles et clairement reconnaissables dans les espaces dont le rôle est de renseigner les usagers comme de veiller à l’application du règlement intérieur notamment en cas de conflits d’usages ;
  • la formation des personnels à la gestion des conflits : celle-ci est absolument nécessaire car elle garantit la cohésion des équipes et l’application d’une réponse adaptée aux difficultés rencontrées ;
  • en cas de difficultés récurrentes et insolubles : certaines villes font le choix d’intégrer la bibliothèques dans les rondes effectuées par les agents de la police municipale ; c’est l’une des clés de bon fonctionnement de la chaîne de sécurité.

Cependant, cette réponse institutionnelle doit absolument être équilibrée. Cet équilibre repose sur la présence d’agents en charge de la médiation globale auprès des publics, mais également sur une stratégie d’accueil globale. De fait, l’organisation spatiale des services comme celle des collections correspond au premier échelon de l’accueil. A cela s’ajoute la manière dont est structuré l’accueil de premier niveau de la bibliothèque, et les accueils de deuxième niveau dans chacun des espaces. Le troisième niveau s’appuie sur la médiation directe au travers d’un volant de personnels mobiles et formés en ce domaine  ; c’est le modèle choisi dès son ouverture par la BPI est qui a clairement fait ses preuves (d’ailleurs, l’ensemble des personnels sont impliqués).

Le recours à des agents de médiation demeure la clé d’une réponse institutionnelle équilibrée visant à réduire les conflits potentiels.

La place du livre en bibliothèque ?

La place du livre en bibliothèque est aujourd’hui directement questionnée dans les projets de rénovation ou de construction. Si les établissements doivent demeurer des lieux d’information et d’accès à l’information, le livre ne demeure plus qu’un média parmi d’autres.

La conséquence du programme des BMVR a notamment été de repenser la place du livre en bibliothèque en la limitant et intégrant dans l’aménagement intérieur des établissements la notion de convivialité.

A l’heure d’Internet et de pratiques culturelles renouvelées principalement chez les jeunes génération, le livre représente encore en moyenne plus de 85% des collections des bibliothèques publiques. Ce socle qui fait encore l’identité des bibliothèques est à repenser en partie. Car si l’information doit demeurer au coeur du projet scientifique et culturel d’un établissement, la collection doit s’en échapper et ne plus être le paradigme auquel certains professionnels s’accrochent encore.

La spatialisation des usages devient donc la manière d’aborder la bibliothèque comme troisième lieu, comme espace de la construction du savoir individuel et collectif mais également comme terrain d’échanges sociaux et culturels.

Les idea stores londoniens ont adopté ce parti pris comme les bibliothèques nordiques. La bibliothèque de Delft aux Pays bas en est ainsi la parfaite illustration.

Ce mouvement d’un recul de la place des collections se fait jour en France. La bibliothèque sise au sein de Mériadeck à Bordeaux en entamé ce processus lors de sa rénovation en 2010. Des livres ont été retirés afin de gagner de l’espace et de revoir l’aménagement intérieur en intégrant davantage de convivialité.

En dehors de l’aménagement intérieur, se pose également la question de l’évolution du périmètre des collections :

  • l’élargissement de l’offre documentaire notamment en terme de presse permet d’attirer davantage de public ;
  • la mise en cause de la place de la musique en bibliothèque sous sa forme actuelle devient une nécessité  (les bibliothèques pouvant désormais devenir des lieux ouverts aux pratiques amateurs dans ce domaine) ;
  • la place des vidéos également est à interroger.

S’ajoute aussi le problème des collections dématérialisées. Mettre à disposition des collections en accès distant sur place nécessite de disposer d’un nombre de places assises suffisant (soit sur des terminaux fixes soit via le Wifi). Cela n’est pas non plus sans conséquence sur la place du livre ; celle-ci dans ce contexte doit être réduite.

L’évolution des usages de la bibliothèque milite également pour une évolution de la place des collections dans les espaces ouverts au public. En dehors de la convivialité, la bibliothèque acquiert une dimensions sociale et socialisante (au travers des notions de jeu, de travail collectif, de rencontre, etc.)

Le lieu-bibliothèque évolue profondément et devient protéiforme. Les usagers ne le perçoivent plus comme un lieu uniquement culturel.  Et, il ne perd pas son identité (son âme diraient certains) ; il la refonde.