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Mettre des livres numériques à disposition dans les bibliothèques publiques ?

Mettre des livres numériques à disposition dans les bibliothèques publiques ?
La diminution du nombre de lecteurs inscrits comme celle des prêts obligent les bibliothèques/médiathèques françaises à réagir ; dans un contexte général de rapide évolution technologique et de mutations profondes des habitudes et usages culturels, la prise en compte des changements affectant la société devient pour les établissements de lecture publique une criante nécessité. Le paysage de la lecture publique français est encore trop marqué par le poids des habitudes et l’enfermement des bibliothécaires sur un modèle figé et passéiste, celui de la seule bibliothèque de prêt.
Certes les collections et le livre demeurent le socle du métier ; mais un changement de stratégie s’impose. Patrick Bazin écrivait déjà cela sur son blog sur Livres Hebdo.fr : la seule voie pour les bibliothèques, c’est celle du public. Cinq années ont passé et le paysage ne s’est que partiellement transformé, les habitudes perdurent, tenaces et délétères. Heureusement, les expérimentations se sont démultipliées. Mais, les bibliothèques n’ont pas encore fait leur mue. La dématérialisation des contenus culturels oblige à repenser la manière d’accéder et de diffuses ces contenus. Pour le livre – à la différence de la musique et du cinéma – il reste un peu de temps (la bataille n’est pas perdue).
1. Quels sont les acteurs sur le marché du livre numériques ?
Ce marché – encore naissant – est en train de se structurer à marche forcée dans les pays anglo-saxons ; l’offre s’étant généralisée, la demande est désormais présente. De nombreux acteurs s’activent. Mais, le principal est Amazon qui fixe peu ou prou les règles du jeu ; cette société développe une stratégie commerciale inspirée de celle d’Apple dans la musique numérique (une stratégie intégrée déployant une structure unifiée de vente en ligne des fichiers musicaux, un format dédié, un terminal de lecture unifié, un grille tarifaire pré-déterminé qui s’est imposée à tous les acteurs de la musique). Apple a su créer un quasi monopole dans la diffusion de la musique numérique. Pour les livres numériques, Amazon déploie un site de vente en ligne performant (lui permettant de négocier avec les éditeurs des accords de vente exclusive et/ou de forts rabais), un format unique ainsi qu’un terminal de lecture unique (le Kindle, à moins de 100 €). Cette société peut se permettre donc de fixer pour partie les prix dans le monde anglo-saxon tout en cassant
les prix sur le marché des e-readers (liseuses).
Les clients anglo-saxons se dotent par ailleurs massivement de terminaux de lecture. En France, cet acteur majeur conteste non ouvertement la loi sur le prix unique du livre comme la stratégie gouvernementale d’encadrement du prix des livres électroniques. Le marché français dans ce domaine demeure atone ; les ventes de livres numériques ne décollent pas (à peine 2% des ventes totales de livre). Les éditeurs restent frileux. L’offre est donc très limitée, ce qui n’encourage en aucune façon la demande. Les acteurs sont trois plate formes de distribution : Numilog pour Hachette, Eden-livre (pour le seuil) ainsi que la société Immatériel, dernière arrivée. Elles regroupent à peine 60 000 titres soit moins qu’une année de production de l’ensemble du marché français et moins de 10% de la totalité des livres disponibles sur le marché (quelques 600 000
titres). Les client français se dotent peu à peu de terminaux (tablettes ou liseuses) mais selon un rythme beaucoup plus faible que dans les pays anglo-saxons. L’année 2011 a cependant marqué un changement net car les ventres en France (comme dans le monde) se sont brusquement accélérées.
2. Quelle offre pour les bibliothèques ?
Cette dernière est très faible ; plusieurs sociétés offrent du contenu pour les bibliothèques. Il s’agit de :

  1. Numilog avec 50 000 titres pour les bibliothèques (dont 20 000 des éditions de l’Harmattan) en téléchargement ou en streaming,
  2. L’Harmattan avec 20 000 titres regroupés au sein de la plate forme l’Harmathèque en téléchargement,
  3. Lekti écriture avec 800 titres de petits éditeurs, en streaming
  4. L’immatériel avec une offre limitée également (deux possibilités de consultation offertes),
  5. Bibliovox avec près 8000 titres uniquement en streaming.

Seul le contenu proposé par la société Numilog paraît suffisamment important pour pouvoir satisfaire les demandes potentielles des usagers des bibliothèques. Les rares retours existants sur les expérimentations de mise à disposition de livres numériques en bibliothèque montre que la seule solution est de coupler cela avec le prêt de terminaux de lecture. Cette nouvelle manière de lire est couplée à l’intérêt passager pour la nouveauté technologique. Les prêts de livres numériques (homothétiques) progressent fortement lorsque la bibliothèque met à la disposition de l’usager une liseuse ou une tablette tactile.
Toutefois, le modèle de prêt conçu par Numilog qui est une translation pure et simple dans l’univers numérique du modèle de la bibliothèque traditionnel n’est pas opérant à moyen terme. A l’âge de l’accès et de l’illimité, organiser la gestion de la pénurie en ne proposant qu’un exemplaire d’un même titre est par trop limité. Les bibliothèques auront besoin d’offres respectant le droit d’auteur mais permettant d’offrir aux usagers davantage d’exemplaires.

Le prix du livre numérique demeure également un frein à l’acquisition massive par les bibliothèques de collections numériques (il est en moyenne de 25 à 30 % inférieur au coût d’un livre papier). La récente loi sur le prix du livre numérique et sur le taux de TVA applicable à ce livre devrait permettre une baisse du prix moyen. Toutefois, rien ne dit dans quelle proportion cette baisse sera répercutée sur le prix du livre (le delta étant tout de même de 12,6 %). Une seconde difficulté s’ajoute au coût du livre numérique, celle des licences de prêt attachées ou non aux livres numériques. Actuellement, les plate formes existantes n’ont pas prévu cela en dehors de Numilog. L’offre est donc d’autant plus restreinte.
3. Pourquoi tout de même développer une offre de livres numériques en bibliothèque ?
Malgré toutes les difficultés pointées – la principale étant le manque de maturité du marché – offrir des livres numériques en bibliothèque publique est une nécessité. De fait, plusieurs raisons peuvent être invoquées :

  • cela constitue un service nouveau et donc moyen de fidéliser sont public ou d’attirer de nouveaux usagers ;
  • le développement de collections numériques est soutenu par l’Etat dans le cadre de la DGD, s’il est lié à une opération d’investissement ;
  • la constitution d’une collection de livres numériques est complémentaire du développement des collections de la bibliothèque et constitue une brique à part entière de la politique documentaire de l’établissement ;
  • les bibliothèques doivent s’adapter aux changements et accompagner leurs usagers dans les évolutions affectant le livre comme les supports de lecture ; cela fait partie de leur mission d’éducation tout au long de la vie ;
  • le livre numérique ne va pas remplacer le livre papier ; toutefois, à l’avenir, les livres numériques ne seront plus nécessairement des livres homothétiques ; ils seront natifs ; les bibliothèques devront donc nécessairement s’en doter afin d’enrichir leur offre documentaire et de suivre la création.
  • Enfin, la bibliothèque conserve une mission éminemment sociale, celle d’offrir à tous un accès à la connaissance.

L’inscription en bibliothèque demeure faible en France

L’analyse rétrospectives des données statistiques issues de l’enquête conduite autour des pratiques culturelles des Français entre 1973 et 2008 montre que pour les bibliothèques la tendance est à un léger fléchissement du nombre d’inscrits.

La progression de 1973 à 1997 avait été lente mais régulière ; la décennie qui suit voit un tassement ou une légère érosion du nombre d’inscrits. Mais cette moyenne cache une réalité de terrain plus contrastée ; le recul est bien plus important dans les grandes villes de plus de 100 000 habitants. La croissance en revanche est continue dans les communes rurales comme dans les villes moyennes (entre 20 000 et 100 000 habitants).

Cette progression faible mais continue s’explique par le fait que la politique de soutien de l’Etat à la construction d’établissements de lecture publique s’est orientée essentiellement (en dehors des BMVR) vers les villes moyennes et les communes rurales (le programme des ruches en est un exemple flagrant). Cela a permis de gagner de nombreux inscrits. Depuis l’arrêt du programme des BMVR, l’effort de construction est concentré sur ces deux strates. La diminution générale du nombre d’inscrits est bien sûr liée au changement des pratiques et usages culturel, notamment la diminution de nombre de lecteurs et de la pratique de la lecture. Mais, elle est également à mettre en relation avec l’irruption du numérique, des nouveaux objets de diffusion culturelle ainsi qu’à la généralisation des écrans.

Toutefois, la périurbanisation, la rurbanisation et les efforts de diversification documentaire conduits par les BDP ont produit globalement leurs fruits. La fréquentation et l’inscription en bibliothèques sont plus fortes dans les territoires ruraux. Certes, il n’y a sans pas de modèle à suivre. Et, ces éléments témoignent de l’engouement pour la proximité et pour les espaces conviviaux et intimes. Les bibliothèques publiques construites ces dernières années s’en inspirent d’ailleurs. Et, tout le mouvement autour de la bibliothèque « 3e lieu » s’incrit dans ce contexte.

Les bibliothèques sont-elles à l’heure d’Internet ?

A y regarder de près, la réalité des bibliothèques municipales françaises est extrêmement contrastée (au-delà des simples déséquilibres territoriaux). Et,cela ne tient pas seulement dans la question des personnels, mais également à la culture et à la sensibilité des élus. Si le plan livre (les 14 propositions de mars 2010) du ministère de la culture a ciblé la question de l’informatisation,  celles de l’accès à Internet et de la mise à disposition de services numériques aux usagers, c’est bien que de réelles difficultés subsistent quant à la question de l’informatique et du numérique dans les bibliothèques publiques.

La profession ne cesse de s’interroger sur cette question (ce blog le premier). Mais, la course est déjà perdue. Quand pour une partie du paysage de la lecture publique se pose le problème de la simple mise à disposition de postes donnant accès à internet, de l’habituation des personnels à ce nouveau service et à ce nouveau contexte, alors c’est qu’existe un profond décalage entre les préoccupations des écoles de formation, des conservateurs, des bibliothèques de grandes villes et le reste du territoire. Corriger ce hiatus ne relève plus de la seule gageure ou du défi. C’est tout simplement relativement illusoire. En 2001, Bertrand Calenge posait à ses élèves conservateurs (du DCB 10) un dossier-collection  portant sur la mise à disposition de postes d’accès à Internet dans la bibliothèque de la Part-Dieu et de la gestion des conflits d’usage qui en découlaient. Douze années plus tard, cette problématique demeurent dans un grand nombre de bibliothèques. Et, aucune réponse définitive et efficace n’a été apportée. La révolution numérique (tarte à la crème il est vrai) est là et – in fine – nombre de bibliothèques regardent passer ce train.

Le constat n’est pas désespéré ; il est lucide.  Les bibliothèques ne sont toujours pas à l’heure d’Internet, ni d’ailleurs à l’heure des nouveaux usages culturels.

La bibliothèque minimale ?

La France compte de nombreuses bibliothèques publiques de petite dimension, qui ne sont pas normatives au regard des critères fixés par le concours particulier de la DGD (à savoir  0.07 m² par habitants pour les communes de moins de 25 000 habitants). A cela s’ajoute des réseaux parallèles tel celui des bibliothèques pour tous.

Logo de l'association nationale Culture et bibliothèques pour Tous

Aussi, la France ne compte-t’elle pas quelques 4000 bibliothèques publiques, mais plus de 10 000. L’offre de lecture publique est donc bien plus étoffée que ne le laisse apparaître la statistique publique. Et le territoire, surtout dans le monde rural, est couvert de petits établissements offrant certes une gamme de services plus limitée, mais que le public – si recherché – fréquente.

La diversité dans le monde rural

Les bibliothèques rurales sont en train de redevenir attractives et dynamiques en repensant leur offre et l’on doit largement se travail à l’action renouvelée des Bibliothèques départementales de prêt. L’exemple de la bibliothèque de Signy-l’Abbaye qui obtint en 2010 un prix du magazine Livres Hebdo est assez éclairant.

Le bâtiment mêle une médiathèque ainsi qu’un centre social. La médiathèque Yves Coppens  a obtenu de nombreux financements publics et il a rapidement rencontré son public. Sise dans le département des Ardennes, elle fait partie d’une série de projets initiés dans le monde rural profond afin de redéfinir l’offre de services aux habitants. Les Ardennes et la Marne (deux départements appartenant à la diagonale du vide)
se sont dotés d’établissements de ce type – notamment à Suippe – mutualisant plusieurs services municipaux ou intercommunaux, limitant ainsi les coûts et renforçant dans le même temps l’attractivité du territoire et de la commune concernés.

Ce mouvement général se développe en France depuis les années 2000 ; il s’est accéléré depuis le milieu des années 2000. Un rééquilibrage partiel du monde rural est donc en marche ; cependant, le retard a rattrapé est tel, qu’il est loin d’être achevé. Demeurent donc de très nombreuses bibliothèques fonctionnant sur un mode et selon des modalités assez traditionnels (une offre de livre et une relative prescriptions : cf. la tyrannie de la nouveauté). Elles se trouvent être simplement des bibliothèques minimales. Elles ne sont pas de simples placards à livres, mais des lieux de petite dimension, accueillant un public nombreux et souvent très demandeur. La bibliothèque dans les communes de moins de 3500 habitants est bien souvent l’unique lieu de vie, le service public ayant la plus grande durée d’ouverture (en dehors de l’accueil de la Mairie). Faute d’espace et de moyens suffisants, les services proposés en dehors du prêt sont peu développés, quelques animations pour les enfants, parfois une lecture ou une conférence pour les adultes, un concert même. Cependant, le public est toujours au rendez-vous.

Un exemple ?

Au pied du petit Luberon, la commune de Maubec s’étend sur un territoire viticole en grande déprise agricole. La commune compte quelques 2000 habitants. Et, le village se divise en deux entités, le vieux village médiéval, perché sur un contrefort du Luberon, l’extension plus récente dans la plaine. C’est dans cette seconde partie que se situent l’essentiel des services publics et que se concentre la majorité de la population.

La bibliothèque se trouve là, à proximité immédiate de la mairie. Il s’agit d’un établissement de très petite taille ; sa superficie est de 50 m² ; gérée par des bénévoles, la bibliothèque est ouverte quelques 8 heures par semaine et offre aux habitants moins de 5000 livres. Elle fait partie du réseau de la BDP du Vaucluse et bénéficie à ce titre de dépôts périodiques de livres (500 à chaque fois.)

L’ensemble de l’espace disponibles est occupé par les étagères de livres ; l’accueil n’est aucunement facilité ; pour recevoir des classes (ce qui constitue l’une des activités régulières de cette petite bibliothèque), il est obligatoire de déplacer un tiers des étagères. Toute animation devient donc rapidement un casse-tête. Pour autant les bibliothécaires ne baissent pas les bras et les quelques animations proposées trouvent rapidement leur public.

Ce type d’établissement est encore légion en France. Il ne convient nullement d’en faire l’éloge, mais de rappeler la réalité des enjeux de la lecture publique dans les territoires ruraux. Les moyens financiers manquant, l’espace fait défaut ; et c’est alors pour partie le système D qui prime (pour les animations, l’accueil, etc.)

Cette réalité rurale est d’autant plus palpable lorsqu’on regarde l’action des BDP dans les départements ruraux, notamment alpins. La Médiathèque départementale des Alpes de Haute Provence  a ainsi déployé un réseau de « micro-bibliothèques » dans des communes très faiblement peuplée (moins de 300 habitants, voire moins de 100 habitants). Ce système qui ne peut pas faire l’objet de financements de l’Etat permet néanmoins d’apporter à ses communes un outil de diffusion de la lecture publique (bien au-delà du simple placard à livres). Cela est d’autant plus nécessaire que ces petites communes ne disposent pas des ressources financières pour construire des établissements d’au moins 100 m². Et, il n’en reste pas moins que ces établissements sont les seuls lieux de vie de la commune.

Ces bibliothèques minimales continuent de rencontrer un succès grandissant ; de fait, aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est dans le monde rural que les taux d’inscriptions sont les plus élevés et demeurent les plus hauts. Ces établissements sont donc à regarder de près.

Accueillir en bibliothèque

Médiathèque l'Atelier

L’accueil en bibliothèque est un élément stratégique ; et cette notion n’est globalement jamais assez prise en compte dans les projets. Livres Hebdo a récompensé la bibliothèque de Condé-sur-Noireau pour la qualité de son accueil et sa politique d’animation. La vidéo ci-dessous le présente.

Toutefois, à y regarder de près, l’offre de cette bibliothèque est assez classique ; mais l’accueil est placé au centre des préoccupations de l’équipe de l’établissement. La vidéo présente l’accueil général, la répartition des espaces et des collections et des services associés (rien que de très classique mais un établissement bien géré et dont les personnels sont pleinement mobilisés autour de cette préoccupation.)

Les bibliothèques/médiathèques placent et doivent placer l’accueil au coeur de leurs stratégie :

  1. l’accueil doit être le mot clé avec l’information au coeur de la rédaction des projets/programmes des établissements de lecture publique ;
  2. cette exigeance se traduit dans l’architecture ; toutefois, le risque apparaissant le plus souvent est celui de la rigidité des accueils développés ; les maîtres mots doivent être là l’ergonomie, la modularité, l’intimisme, etc. Un accueil trop large ou trop vaste casse rapidement la relation fragile qui se noue entre le public et les personnels de l’établissement ;
  3. du point de vue des personnels, le service public est parfois trop vu comme une « corvée » ; hors l’accueil demeure une nécessité ; et, il ne peut être pensé que comme le pradigme du métier. De cela, découle un besoin réel d’accompagnement des personnels pour les repositionner et replacer l’accueil au coeur du métier ; cela ne peut se faire qu’avec un plan de formation musclé.
  4. au-delà de la formation des personnels, la notion d’accueil s’articule avec celle des collections : trop souvent la signalétique et la simplicité du système de classement sont fortement négligées ; cela fonctionne comme un réel repoussoir pour le public. C’est également un élément crucial.
  5. Enfin, c’est surtout les notions de services et de nouveaux services qui rencontrent celle d’accueil. Nos établissements évoluent fortement du fait de la révolution numérique, mais pas seulement, du fait surtout de l’évolution forte des pratiques culturelles et en particulier du recul généralisé de la lecture ; la place du livre diminue, celle de l’information, en revanche, augmente quelque soit le support/média de diffusion (le plus souvent numérique désormais). Et, c’est à l’aune de cette évolution qu’il faut repenser l’accueil. La médiation numérique devient l’une des clés du nouveau métier de bibliothécaire et dans ce cadre l’accueil est repensé ; la relation à l’usager se repersonnalise.

L’accueil est donc une notion clé qu’il faut impérativement replacé au coeur du métier, des projets de construction comme des nouveaux services émergeant.

 

Construire des bibliothèques ?

un établissement bien intégré dans le paysage de la Ville mais manquant un peu de visibilité.

La France a connu un vigoureux mouvement de rattrapage en termes de construction de bibliothèques publiques des années 80 à la fin des années 90. Ce mouvement a affecté les grandes villes, les grandes villes moyennes et une partie des territoires ruraux. Le programme des BMVR a ainsi permis de rééquilibrer partiellement le territoire après la construction de la BnF. Toutefois, les villes de 10 000 à 50 000 habitants n’ont pas connu globalement un mouvement dune même force. Et, cette situation a change dans les années 2000. Ces communes ont à ce moment là connu un mouvement de rattrapage identique.
Et les bibliothèques construites alors ont intégré une partie des innovations introduites par les BMVR.
Faut-il toujours construire aujourd’hui des bibliothèques ?
Oui, car ce sont les lieux du lien social ; elles demeurent le lieu de l’accès à une information structurée et hiérarchisée.
Ce sont également des espaces démocratiques, d’échanges, etc. Et dans les pays émergents, on continue de construire des bibliothèques en nombre. Les mots de Patrick Bazin dans le dernier bulletin de la BPI vont dans ce sens. La France dispose de la DGD qui de ce point de vue est un outil extrêmement utile et performant qui s’adapte à la nouvelle donne introduite par les changement en matière de pratiques culturelles comme en termes techniques et technologiques. Régulièrement amendé, ce dispositif est très souple est demeure un instrument majeur d’aménagement du territoire.