Archives du mot-clé dématérialisation

Immatériel – un agrégateur de livres numériques

L’entreprise Immatériel propose de construire pour les libraires, les éditeurs et les bibliothèques des solutions de vente ou de prêt de livres électroniques en ligne.

Une petite vidéo permet de bien se rendre compte de leur offre de services.

Distribution numérique from immatériel·fr on Vimeo.

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L’offre illégale de livres numériques

Le Motif poursuit depuis 2009 une étude approfondie de l’offre illégale de livres numériques disponibles en téléchargement. Elle est édifiante et montre une progression constante de l’offre. Il n’y a pas d’accélération exponentielle, mais une croissance continue. Cela tend à justifier pour partie l’attitude des éditeurs français (même si celle-ci a évolué depuis la fin de l’année 2011 après la signature d’une série d’accords avec Amazon).

Un extrait édifiant issu de la synthèse :  » Le développement des usages de lecture numérique  (avec celui des liseuses et tablettes) crée une demande. Les principaux «fonds de catalogue» étant désormais piratés, les titres nouvellement mis à disposition sur les circuits de diffusion illégaux sont des ouvrages plutôt récents, de fait encore disponibles à la vente. Sans surprise, le piratage s’accroît, relativement mais sûrement. Aujourd’hui, l’on s’accorde à penser que c’est à l’offre légale de se présenter comme la meilleure rivale du piratage (par un développement en quantité comme en «attractivité» – prix, qualité, facilité d’accès, interopérabilité, services associés, etc.). Cependant, nous nous trouvons encore dans la situation de transition que nous évoquions l’an passé : alors que l’offre légale se développe, l’offre pirate ne décroît pas. Elle témoigne par ailleurs de la forte notoriété de certains auteurs et ouvrages, notamment les livres pratiques, à consommation immédiate (voire quasi compulsive pour les mangas). »

L’intégralité des études se trouve sur le site du Motif :

  1. 2009
  2. 2011
  3. 2012

 

Construire, développer et faire vivre une offre de services en ligne en bibliothèque publique

Cet article a fait l’objet d’une présentation détaillée à la Bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence le 20 décembre 2011; il est destiné à être enrichi très progressivement.

Produire une offre de services en ligne structurée en bibliothèque publique repose sur une série de préalables : l’informatisation de l’établissement, l’informatisation des collections, la mise en ligne du catalogue et la possibilité pour les usagers d’accéder à internet au sein de la bibliothèque. Ces pré-requis sont d’ailleurs indispensables.

Tout type d’offre peut se structurer assez simplement de la manière suivante :

1. Le développement de services traditionnels dématérialisés :

  • mise en œuvre d’un site internet,
  • mise en ligne du catalogue,
  • déploiement de services facilitant les relations avec l’usager et les transactions : FAQ, suggestions d’achat, remarques et doléances, bibliographies sur demande, compte lecteur, prolongations de prêt, réservations,
  • enrichissement du catalogue avec une dimension participative et la mise en œuvre de catalogues thématiques en fonction des catégories d’âge,
  • déploiement, autour de ce premier volet, de services techniques relevant du web 2.0 (tags (l’indexation personnelle), flux rss (syndication de contenu), etc.)

2. Le développement d’une offre de collections dématérialisées :

  • en matière de livre numérique,
  • en matière de presse,
  • en matière de cinéma (la Video On Demand (VOD) ou la VàD),
  • en matière de musique en ligne,
  • en matière d’autoformation,
  • pour la jeunesse et les adolescents.

3. Le développement de la production de contenus et leur médiation numérique :

  • le déploiement de services de question/réponse,
  • l’éditorialisation de contenu,
  • le développement de services géolocalisés,
  • la valorisation patrimoniale issue de la numérisation.

Les bibliothèques sont désormais amenées à développer rapidement une offre clairement structurée de services en ligne et la formation des personnels dans ce domaine devient un enjeu majeur (alors même que des clivages professionnels demeurent et que l’informatique – nécessaire – peut continuer à faire peur). Pour déployer une telle offre, le cheminement le plus simple est le suivant :

1. Le développement de services traditionnels dématérialisés :

  • mise en œuvre d’un site internet

Il s’agit là du premier outil nécessaire à l’image de la bibliothèque ; et il est absolument nécessaire de dépasser la simple page d’information sur le site internet de la commune. Or, cette pratique est encore beaucoup trop répandue et elle nuit fortement à l’image de l’établissement auprès des usagers.

  • mise en ligne du catalogue,
  • déploiement de services facilitant les relations avec l’usager et les transactions : FAQ, suggestions d’achat, remarques et doléances, bibliographies sur demande, compte lecteur, prolongations de prêt, réservations,
  • enrichissement du catalogue avec une dimension participative et la mise en œuvre de catalogues thématiques en fonction des catégories d’âge (de ce point de vue les bibliothèques du San Ouest Provence comme celle de Lille ont un temps d’avance),
  • déploiement, autour de ce premier volet, de services techniques relevant du web 2.0 (tags (l’indexation personnelle), flux rss (syndication de contenu), etc.)

2. Le développement d’une offre de collections dématérialisées :

  • en matière de livre numérique

L’offre de livres numériques

La place des liseuses et des tablettes numériques

  • en matière de presse,
  • en matière de cinéma (la Video On Demand (VOD) ou la VàD),
  • en matière de musique en ligne,
  • en matière d’autoformation,
  • pour la jeunesse et les adolescents.

3. Le développement de la production de contenus et leur médiation numérique :

  • le déploiement de services de question/réponse,
  • l’éditorialisation de contenu,
  • le développement de services géolocalisés,
  • la valorisation patrimoniale issue de la numérisation (l’exemple de Gallica parle de lui-même).

Le déroulé possible de la formation.

Bibliothèque et mobilité numérique

L’adaptation des bibliothèques à la nouvelle donne numérique (le mot révolution finissant par être galvaudé) passe par la transformation des outils techniques de gestion et d’accès au savoir à la mobilité.
L’exemple type d’un outil mobile est l’Iphone. Pourtant, rares sont encore en France les bibliothèques ayant fait évolué leur site internet ou la consultation de leur catalogue afin de les rendre disponible à la consultation sur les smartphone.
La seule bibliothèque publique ayant fait le saut de manière claire est celle de Toulouse en proposant une application sur Iphone permettant de consulter le catalogue. D’autres se sont dotées de site internet adaptés à la consultation sur mobile : la médiathèque du Grand Troyes, etc.

Les fournisseurs de SIGB n’offrent pas encore systématiquement d’applications de ce genre mais sont en train de les développer. Du côté des logiciels libre, en revanche, la donne change ; la communauté de développeurs pour PMB est en train de développer une application permettant de consulter le catalogue ; il en va de même pour Koha.

C’est du côté des fournisseurs de contenu pour les bibliothèques que la donne a le plus rapidement changé. Ainsi, dans le domaine de la consultation ou du téléchargement des livres numériques, Numilog propose depuis le milieu de l’année 2011 une application permettant de lire les livres électroniques/numériques au format epub sur Iphone et Ipad. Les sites permettantr d’enrichir le contenu des catalogue travaillent également en ce sens (l’exemple de l’appli Libfly est très parlant à ce titre).

Si les bibliothèques n’ont globalement pas réussi à prendre le tournant du nomadisme en matière d’accès à des collections dématérialisées (faute d’offre suffisante et du fait de pratiques culturelles en plein bouleversement), en revanche, elle ont saisi tout l’intérêt qu’il y a à être présent sur internet et sur les outils mobiles (smartphone ou tablettes). Et ce qui est en jeu ici n’est plus l’accès à des collections ou la logique de la collection mais celle de la médiation numérique et de l’accès différencié au savoir sur l’Internet.

La place du livre en bibliothèque ?

La place du livre en bibliothèque est aujourd’hui directement questionnée dans les projets de rénovation ou de construction. Si les établissements doivent demeurer des lieux d’information et d’accès à l’information, le livre ne demeure plus qu’un média parmi d’autres.

La conséquence du programme des BMVR a notamment été de repenser la place du livre en bibliothèque en la limitant et intégrant dans l’aménagement intérieur des établissements la notion de convivialité.

A l’heure d’Internet et de pratiques culturelles renouvelées principalement chez les jeunes génération, le livre représente encore en moyenne plus de 85% des collections des bibliothèques publiques. Ce socle qui fait encore l’identité des bibliothèques est à repenser en partie. Car si l’information doit demeurer au coeur du projet scientifique et culturel d’un établissement, la collection doit s’en échapper et ne plus être le paradigme auquel certains professionnels s’accrochent encore.

La spatialisation des usages devient donc la manière d’aborder la bibliothèque comme troisième lieu, comme espace de la construction du savoir individuel et collectif mais également comme terrain d’échanges sociaux et culturels.

Les idea stores londoniens ont adopté ce parti pris comme les bibliothèques nordiques. La bibliothèque de Delft aux Pays bas en est ainsi la parfaite illustration.

Ce mouvement d’un recul de la place des collections se fait jour en France. La bibliothèque sise au sein de Mériadeck à Bordeaux en entamé ce processus lors de sa rénovation en 2010. Des livres ont été retirés afin de gagner de l’espace et de revoir l’aménagement intérieur en intégrant davantage de convivialité.

En dehors de l’aménagement intérieur, se pose également la question de l’évolution du périmètre des collections :

  • l’élargissement de l’offre documentaire notamment en terme de presse permet d’attirer davantage de public ;
  • la mise en cause de la place de la musique en bibliothèque sous sa forme actuelle devient une nécessité  (les bibliothèques pouvant désormais devenir des lieux ouverts aux pratiques amateurs dans ce domaine) ;
  • la place des vidéos également est à interroger.

S’ajoute aussi le problème des collections dématérialisées. Mettre à disposition des collections en accès distant sur place nécessite de disposer d’un nombre de places assises suffisant (soit sur des terminaux fixes soit via le Wifi). Cela n’est pas non plus sans conséquence sur la place du livre ; celle-ci dans ce contexte doit être réduite.

L’évolution des usages de la bibliothèque milite également pour une évolution de la place des collections dans les espaces ouverts au public. En dehors de la convivialité, la bibliothèque acquiert une dimensions sociale et socialisante (au travers des notions de jeu, de travail collectif, de rencontre, etc.)

Le lieu-bibliothèque évolue profondément et devient protéiforme. Les usagers ne le perçoivent plus comme un lieu uniquement culturel.  Et, il ne perd pas son identité (son âme diraient certains) ; il la refonde.