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En bibliothèques : liseuses versus tablettes ?

Liseuses versus tablettes ?
Quelle place en bibliothèque ?

1. Qu’est-ce qu’une liseuse ou un e-reader ?
Une liseuse (e-reader) est un dispositif technique (appareil) qui permet de stocker et lire un texte sous format électronique. L’objectif de ce type d’appareil, permis par la miniaturisation croissante des composants électroniques, est de se rapprocher du livre papier traditionnel : autonome, portable, léger, permettant principalement le parcours et la lecture de textes. Il peut avoir différents formats, de taille proche de celle d’un ouvrage papier, restant généralement inférieur au format A4, plus proche du format A5. Quelques fonctions annexes propres au format électronique sont introduites, telles que zoom, fonctionnalités de réglage des tonalités, contraste et couleur, interfaces d’échange notamment USB, index électronique, etc. La liseuse permet de stocker de nombreux ouvrages, elle se situe donc entre la bibliothèque nomade et le livre numérisé. (Source Wikipedia).
Elle repose sur l’utilisation d’une technologie complexe, celle de l’encre électronique (E-Ink) développée depuis les années 1970. Au départ cette technologie ne permettait que de produire des écrans en noir et blanc ; désormais, la couleur a été intégrée dans les appareils de dernière génération comme l’écran tactile qui facilite la navigation et la consultation des textes. Une liseuse n’est pas rétro éclairée. Cela permet de lire en lumière naturelle. Un éclairage d’appoint est donc nécessaire lorsque la lumière du jour décline. Les e-reader ou liseuses sont faits exclusivement pour lire du texte ; ils peuvent intégrer d’autres technologies (navigation Internet, lecture de fichiers musicaux, etc.) mais ces dernières sont ajoutées à titre d’accessoires.
Un e-reader est donc un outil à usage relativement fermé, sans être totalement exclusif. Il est destiné à consulter des textes et des livres homothétiques (copie numérique de livres papier).

2. Qu’est-ce qu’une tablette numérique ?
Les tablettes tactiles numériques sont un dispositif technique proche de l’ordinateur portable. Cependant, elles possèdent un écran tactile sur lequel l’utilisateur interagit à l’aide des doigts qui remplacent la souris. Un logiciel interprète le contact et les déplacements des doigts sur l’écran. L’affichage à l’écran peut se faire en mode portrait et paysage en pivotant la tablette.
Elles existent sous deux formes :

  • • ardoise : la plus courante, sous la forme d’un écran fin qui contient toute l’électronique, avec les doigts ou un stylet pour interagir. Le clavier physique est remplacé par un clavier virtuel ;
  • • convertible : sous la forme d’un portable traditionnel avec clavier qui contient la majeure partie de l’électronique, mais dont l’écran peut se détacher, de telle sorte que seul l’écran devienne une tablette tactile.

Les tablettes tactiles peuvent être équipées de différents ports (USB, PCMCIA/PC Card, FireWire, Wi-Fi, IrDA, Bluetooth…). Les ports série et parallèle ne sont pas inclus (des adaptateurs sont disponibles en accessoires). Elles sont capables de se connecter à un réseau sans fil grâce à la technologie Wi-Fi. Certaines tablettes proposent des accessoires complémentaires comme un clavier physique, des haut-parleurs, un « dock » ou « station d’accueil ».
L’ergonomie et les fonctions des tablettes seront amenées encore à évoluer afin de mieux s’adapter à différents usagers comme les enfants ou les personnes âgées, voire en fonction des lieux d’utilisation. (Source Wikipedia).
A la différence des liseuses, ces appareils sont rétro éclairés. Ils ne sont pas conçus spécifiquement pour lire des textes et des livres électroniques, mais ils disposent de cette fonctionnalité. Outils de mobilité, ils rassemblent de nombreuses fonctions ; outre la navigation Internet non filaire, ils permettent de lire des vidéos comme de la musique, etc.
Reposant sur un système d’exploitation, ils s’enrichissent de programmes très divers prenant le nom d’applications.
Une tablette tactile numérique est donc un outil aux usages très variés, fait pour la navigation sur Internet, qui permet la lecture de texte et la consultation de livres numériques mais de manière accessoire. La lecture sur écran rétro éclairé est d’ailleurs plus difficile en fonction des conditions d’éclairage extérieures.

3. Qu’est-ce qu’un livre électronique ou ebook ?
Un livre électronique (ou livre numérique), dit aussi livrel ou e-book (en anglais), est un fichier électronique contenant un texte sous forme numérique. Il ne doit pas être confondu avec la liseuse, l’appareil électronique spécialisé qui permet de le lire sans faire usage d’un ordinateur. Les termes livre numérique (fichier) et ses synonymes livre électronique et livrel (mot-valise) ont été proposés par l’Office québécois de la langue française1 comme traductions françaises de e-book, electronic book ou digital book. Dans l’usage, livre électronique et livrel désignent aussi bien le contenu (le texte lui-même) que le contenant (l’appareil, le support permettant de visualiser le contenu). Ces deux termes sont donc aussi synonymes de lecteur électronique et liseuse électronique (appareil). Selon l’OQLF, la forme hybride e-livre (calque de l’anglais e-book) est à éviter en français. (Source Wikipedia)
Ce terme qui vaut aussi bien pour le contenu que pour le contenant doit être retenu dans une acception plus étroite celle du contenu, du texte. La majorité des ebooks sont aujourd’hui des livres homothétiques, simple copie/reproduction numérique du livre physique.
Le premier projet de livre électronique dans le monde est le Gutenberg project initié en 1971 et dont le fondateur vient de mourir (CF Hervé le Crosnier/ Blog Monde Diplomatique).
Le format le plus répandu pour les ebooks dans le commerce est désormais l’epub.

« EPUB (acronyme de « electronic publication » ou « publication électronique », parfois noté ePub, EPub ou epub) est un format ouvert standardisé pour les livres électroniques. Proposé par l’International Digital Publishing Forum (IDPF), ces fichiers ont l’extension .epub.
EPUB est conçu pour faciliter la mise en page du contenu, le texte affiché étant ajusté pour le type d’appareil de lecture. Il est également conçu comme seul format pouvant à la fois satisfaire les éditeurs pour leurs besoins internes et la distribution. Ce format englobe le standard Open eBook.
La dernière version standardisée, ePUB3, repose sur l’HTML5, ce qui ouvre la voie à de nombreuses extensions. Elle offre de nouvelles caractéristiques telles que la prise en charge de l’affichage de toutes les langues, un espace spécifique pour les métadonnées, un développement de l’interactivité permettant l’ajout de contenus enrichis (graphismes, typographies, multimédias).
Diverses applications permettent de créer un fichier ePub directement ou à partir d’un fichier préexistant. » (Source Wikipedia)

4. Que faut-il choisir en bibliothèque publique ?
La réponse est assez simple dans la situation actuelle.
Dans la phase de transition et d’adaptation que connaissent et traversent les bibliothèques, l’offre de contenus numériques et de livres numériques en bibliothèque publique doit reposer à la fois sur des outils facilitant la lecture numérique d’une part, et d’autre part, sur des appareils facilitant la consultation et la navigation sur internet.
Une réponse adaptée est donc d’offrir à la fois des liseuses et des tablettes numériques. L’intérêt des usagers pour ces produits est d’abord l’expression d’une vive curiosité. En ce sens, la bibliothèque a un rôle de passeur, de formation et d’information sur ces outils techniques sans en faire pour autant une promotion forcenée.
Et, pour offrir ces outils, la bibliothèque doit disposer impérativement et construire une offre de contenus culturels numériques qu’elle achète ou qu’elle produit elle-même.

Exemples de modèles de liseuses

  • • OyO (France Loisir et Chapitre.com)
  • • FnacBook (Fnac)
  • • BeBook Club, Neo, One, Mini (BeBook)
  • • Cybook Gen3, Cybook Opus, Cybook Orizon, Cybook Odyssey (Bookeen)
  • • Boox (Onyx)
  • • Cool-er (Interead)
  • • eSlick (Foxit)
  • • Hanlin eReader
  • • Hanvon N516, N518, N520, N526
  • • iRex Digital Reader 1000
  • • Nook 1st edition, Nook Color et Nook Touch (Barnes & Noble)
  • • Plastic Logic
  • • iRiver Story
  • • PlayBook
  • • Sony Reader
  • • iPad, iPhone, iPod Touch (Apple)
  • • Archos 70 IT, 101 IT
  • • Tabbee S
  • • Samsung E60
  • • Kobo eReader Touch, Wireless eReader (Kobo)
  • • Android phones and tablets
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Un entretien avec Lionel Dujol : la médiation numérique

Lionel Dujol est en charge de la médiation numérique au sein de la médiathèque de Romans. Il est spécialiste des questions de médiation numérique et anime un blog sur le sujet.

Il a développé tout un discours sur la question et anime une formation sur ce thème avec Sylvère Mercier pour le compte de l’Inet (BiblioQuest).

Quel est votre parcours ? et comment en êtes vous arrivé à la médiation numérique ?

Je suis historien de formation et je me destinais à être enseignant chercheur en histoire urbaine. Je n’avais ni la fibre du bibliothécaire et ni un amour particulier pour les livres. Je suis arrivé dans le monde des bibliothèques par un concours de circonstance …. Concours que j’arrive néanmoins à décrocher en 1998, date à laquelle j’arrive à Romans sur Isère. J’étais internaute et très intéressé par l’émergence de ce que nous appelions à l’époque les autoroutes de l’information. Et c’est tout naturellement – presque par défaut – que je m’occupe du projet du site web de la médiathèque. En fait, il ne s’agissait pas d’un site a proprement parlé mais d’un opac web qui brillera par sa froideur et sa rigidité technique. Je comprends que cet outil ne pourra jamais être celui qui nous donnera une présence web digne de ce nom. Cette frustration va être le départ de ma réflexion sur ce que nous appelons aujourd’hui la médiation numérique.

Qu’est-ce que la médiation numérique selon vous ?

Silvère Mercier a proposé une définition qui fait autorité aujourd’hui :

“La médiation numérique est une démarche visant à mettre en œuvre des dispositifs de nature techniques, éditoriaux ou interactifs pour favoriser l’accès organisé ou fortuit, l’appropriation ou la dissémination de contenus à des fins de diffusion des savoirs et des savoir-faire.”

Il s’agit d’organiser une rencontre. Celle d’une offre et d’une demande documentaires. Mais cette rencontre ne peut s’effectuer dans la prescription d’un seul et unique parcours vers les collections. L’usager est multiple, emprunteur ou simple consultant, inscrit ou non inscrit, usager internaute de la bibliothèque hybride ou internaute usager de la bibliothèque en ligne seulement, habitant du territoire physique ou habitant du territoire numérique. Toutes les combinaisons sont possibles. La bibliothèque se doit de proposer le plus grand nombre possible de portes d’entrée vers les collections. Le site institutionnel de la bibliothèque et son catalogue en sont une. Nous devons en proposer d’autres. Aux bibliothécaires d’orienter l’usager internaute plus que lui prescrire un parcours.

De nombreuses bibliothèques ont déjà engagé ce travail en s’emparant des nombreux outils du web social, les blogs ou encore les réseaux sociaux. Ces espaces sont souvent pensés comme des annexes du site de la bibliothèque sur le web social. Des outils de dissémination de l’information institutionnelle qui s’inscrivent dans une stratégie de communication afin de faire mieux connaître l’institution et donner une image moderne de la bibliothèque et de ses agents.

Mais cette approche n’est pas suffisante, il faut aussi proposer et disséminer des contenus éditorialisés présentant une plus value informationnelle certaine. Cette large diffusion d’informations à valeur ajoutée est une condition nécessaire pour susciter des interactions avec des internautes, pour participer à la médiation culturelle sur internet qui est aujourd’hui organisée par les vendeurs et les grands médias. Une véritable force à l’heure où beaucoup d’usagers internautes se perdent dans la jungle informationnelle et sont demandeurs de recommandations, de pistes à explorer. Il est important que la bibliothèque se positionne au sein des communautés d’intérêt qui animent le web social et qui vont bien au delà des usagers de la bibliothèque.

Si la gestion d’un fonds documentaire reste un pilier de notre métier, il n’est plus exclusif. La gestion de « sa visibilité », la recommandation de ressources externes et l’animation du réseau des lecteurs et/ou des communautés d’intérêts potentiels rattachés à ces documents sont d’une importance égale si ce n’est plus à l’heure du web social. La bibliothèque s’éditorialiste, le bibliothécaire devient le “journaliste de ses collections” et des ressources web qu’il aura repérées. Il s’agit ni plus ni moins de mettre à disposition de tous – usagers et internautes – une expertise bibliothécaire au sein de la société du savoir et de l’information qui s”inscrit dans un territoire physique et numérique. Une médiation globale dans un espace documentaire pensé de manière global. C ‘est ce que nous essayons d’expérimenter dans les Médiathèques du Pays de Romans.

Au-delà de votre travail de veille, qu’expérimentez-vous au sein des Médiathèques du Pays de Romans ?

En 2006, nous lançons Everitouthèque, un blog de recommandations de lecture et d’écoute à travers des thèmes et des genres forts. L’écriture est collaborative. Une vingtaine de bibliothécaires, des lecteurs, des libraires locaux, des partenaires contribuent. Le succès de ce blog a permis de valider le projet de médiation numérique des collections au sein des Médiathèques du Pays de Romans. Cela s’est traduit par la création d’un poste de responsable des services numériques et de la médiation numérique des collections – poste que j’occupe. Aujourd’hui nous avons un portail de contenus, une page Facebook et un compte twitter portant l’identité numérique institutionnelle. L’identité thématique de la bibliothèque est elle défendue via quatre blogs, un profil Facebook sur la Bédé et un compte twitter sur la culture numérique. S’y ajoute de nombreux outils de scénographie numérique des collections tels que des cartes, des frises chronologiques ou des « dossiers documentaires animés » conçus avec le service Prezi.

La médiation des collections est enfin globale et se décline sur des supports tangibles. La médiation est donc organisée en un écosystème informationnel dans lequel chaque contenu se ré-impacte sur tous les supports. La médiation dans le lieu physique doit exister dans l’espace numérique de la bibliothèque et vis et versa.
Ce travail de médiation numérique ne s’improvise pas et ne se résume donc pas au simple fait d’ouvrir un blog ou une page sur Facebook. La réussite de ces dispositifs s’appuie sur un projet éditorial et une (ré) organisation de la bibliothèque. Organisation d’une chaîne de publication et de validation des contenus proposés par la bibliothèque, intégration de ce travail dans le temps de travail effectif des agents, révision des profils de postes pour les bibliothécaires producteurs de contenus, mise en place d’un plan d’accompagnement de tous les agents afin qu’une culture numérique commune existe au sein de l’équipe. Il s’agit notamment de cycle de conférences en interne, “Les jeudis du numérique”, d’un portail interne de veille “Face B” ou encore de favoriser l’auto-formation et sa valorisation.

L’évolution des bibliothèques – un slideshare éclairant

Ci-dessous un Slideshare de Vincent Chapedelaine, travaillant à Montréal pour la structure Espace Temps à Montréal. Il permet de prendre la mesure de ce que pourrait être l’évolution des bibliothèques en fonction de l’intégration de nouvelles pratiques te usagers culturels émergents, notamment autour du numérique.

La lecture et la culture de l’écran

La dernière enquête de l’Insee parue dans Insee Première porte sur les conditions de vie des français et en particulier l’évolution de la gestions du temps sur une journée de vie moyenne. Elle montre en termes de temps consacré aux loisirs une augmentation régulière du temps passé devant les écrans, et surtout une érosion régulière du temps consacré à la lecture. Les analystes écrivent ainsi que : « Le temps consacré à la lecture (livres, journaux, y compris lecture de journaux sur Internet) a diminué d’un tiers depuis 1986, perdant 9 minutes par jour. Les inactifs et les chômeurs ont particulièrement contribué à cette évolution, mais en fait, tout le monde lit de moins en moins. Les retraités restent les plus gros lecteurs, avec plus d’une demi-heure de lecture par jour.  »

La culture de l’écran s’impose de manière nette. Le temps de loisir consacré à l’écran est en moyenne de 2h30 en 2011. Et, « si le temps passé devant la télé croît avec l’âge, ce n’est pas le cas du temps passé devant un écran. En effet, les plus jeunes passent plus d’une heure par jour en moyenne devant un écran d’ordinateur, tandis que les plus de 50 ans ne lui accordent que 20 minutes. Les lycéens et les étudiants ont en partie remplacé la télévision par l’ordinateur et l’Internet : une demi-heure de moins pour la première, trois quarts d’heure de plus pour les seconds. Quel que soit l’âge, il s’agit d’une activité typiquement masculine : les hommes de moins de 25 ans passent ainsi une demi-heure de plus que les femmes du même âge devant un ordinateur. »

 

 

Toutefois, la lecture reste un loisir d’importance et est mieux considéré que l’informatique ou le temps passé sur Internet. Mais sa place recule également.

 

 

Les bibliothèques ont donc à s’adapter à cette situation qui se confirme enquête après enquête. La place de la lecture recule dans notre société, celle du livre également. Ce n’est cependant pas le cas de la place de l’écrit. Car Internet est à la fois le lieu de la culture de l’image et celui de la culture de l’écrit. L’écran doit donc poursuivre sa pénétration dans les bibliothèques ; et ces dernières ont à inventer de nouvelles formes d’accès à l’écrit et au savoir. C’est en cela que la médiation numérique se justifie pleinement.

Babelio : un entretien avec Pierre Frémeaux

Pierre Frémeaux dirigeant la société Babelio a bien voulu répondre à quelques questions.

Quelle est l’idée qui est à la genèse du projet Babelio ?

A partir du milieu des années 2000, internet a connu une mutation technologique et sociologique importante, de média de consultation qu’il était, il devient un média de participation. Très vite nous avons pensé que cela ouvrait une opportunité pour transférer le bouche à oreille sur internet, notamment pour la recommandation et l’échange de lectures. Parallèlement, la bibliothèque personnelle est un élément d’identité culturelle très fort, tous les grands lecteurs savent cela : quand on est invité pour la première fois chez quelqu’un on scrute sa bibliothèque et on devine des possibilités de partage, on découvre des oeuvres qu’on aimerait lire, qu’on a lu, qu’on ignore totalement etc. Babelio est un peu né à la croisée de ces deux sujets : le réseau social et la bibliothèque personnelle. Le site est ainsi devenu tout à la fois un outil pour créer des listes de lecture – une bibliothèque virtuelle en quelque sorte – et un outil pour partager des lectures, des avis, des extraits, des suggestions etc.

Quel est aujourd’hui le modèle économique de Babelio et ses limites ?

Le modèle est double :

  1. offrir aux éditeurs une caisse de résonance pour la sortie de leurs nouveautés, c’est un outil de promotion qui passe par des formats classiques (la publicité sous plusieurs formats possibles) ou interactifs (jeux concours, jurys littéraires en ligne, services de presse en ligne où des titres sont envoyés à des chroniqueurs en l’échange d’une chronique)
  2. offrir des outils de recommandation aux bibliothèques (notre service babeltheque.com) : Les usagers des bibliothèques sont en demande de recommandation et de conseil. Aujourd’hui la seule information différenciante dont dispose un usager cherchant un titre dans un OPAC, c’est – à peu de choses près – la disponibilité. Notre service permet d’enrichir les notices bibliographiques avec tout le savoir-faire de notre communauté de passionnés et de nos outils technologiques, parfois très complexes. On retrouvera ainsi sur une notice de bibliothèque : des avis d’internautes, des critiques de professionnels, des chroniques de presse, des extraits de l’œuvre, des nuages de mots clés d’indexation, des suggestions de lecture, des vidéos d’auteur etc. Tout cela permet d’enrichir l’expérience de l’usager dans l’OPAC et de favoriser les emprunts en bibliothèque.

Une limite du modèle économique peut être : comme le disait http://bibliotheque20.wordpress.com/ « On n’avancera pas en attendant l’outil parfait. On avancera en participant de l’élan : en faisant des trucs, ou en sponsorisant des trucs à potentiel » . Il y a quelques années, certaines bibliothèques étaient réticentes à ces services car ils souhaitaient que ce soient les participations de LEURS usagers qui alimentent l’OPAC : nous avons tenté d’expliquer à plusieurs reprises qu’une communauté ne se créait pas par l’adjonction de fonctions sociales et que notre métier était justement d’enrichir les catalogues de notre expérience en ce domaine. Aujourd’hui ce débat est tranché, comme l’a noté récemment Bibliobsession ici « les catalogues de bibliothèque ne seront pas massivement participatifs« , pendant ce temps les catalogues n’ont pas de services de recommandation et c’est surtout, outre notre produit, l’usager qui en pâtit.

Où en est l’action entreprise en termes statistiques ?

Nous sommes très transparents en terme de statistiques, vous pourrez ainsi retrouver tout cela sur le site. Aujourd’hui Babelio est la toute première communauté de lecteurs, nous réunissons

  • 500 000 visiteurs chaque mois et 38 000 membres inscrits, qui ont contribué en ajoutant
  • 86 113 citations et extraits choisis- 135 496 critiques et avis de lecteurs et professionnels
  • 1 637 521 livres catalogués
  • 1 826 571 tags d’indexation
  • 36 668 vidéos d’auteurs
  • 46 649 biographies d’auteurs

Quels sont vos projets pour la prochaine année ?

Ils sont nombreux, nous avons des fonctionnalités à apporter au site, qui seront transférées également sur Babeltheque. Nous pensons notamment, maintenant que la communauté s’est élargie, à améliorer les fonctions de distinction par genre littéraire. Par ailleurs nous avons travaillé avec des partenaires externes pour agréger du contenu (40 sources de critiques de presse, des vidéos issues de l’INA ou des sites de partage etc.), c’est aussi un sujet que nous allons creuser, afin d’enrichir la base de données.

Quel type d’offre avez-vous développé pour les bibliothèques ? et quelles relations entretenez-vous avec ces/les bibliothèques (Toulouse, San Ouest Provence, etc.) ?

Babelthèque est l’offre évoquée ci-dessus d’enrichissement du catalogue, qui s’intègre aux OPAC par un simple webservice. Un point peut être à préciser : aujourd’hui Babelthèque offre à la fois du contenu (critiques d’internautes et de professionnels, chroniques de presse, extraits, vidéos, etc.), des services (outil de contribution dans l’OPAC, modération des contenus par nos soins etc.) et des technologies. Sur ce dernier point en particulier nous avons passé beaucoup de temps à raffiner notre moteur de recommandation de lecture (qui permet de dire à l’usager « Si ce livre vous plaît la bibliothèque vous recommande également tel ou tel autre présents dans le catalogue« ), qui est un problème très complexe. En outre nous avons fait de nombreux traitements algorithmiques, documentaires ou sémantiques pour filtrer les mots clés d’indexation (cf : http://www.scribd.com/doc/37162752/L%E2%80%99indexation-communautaire-en-bibliotheque).

En terme de relation, que dire? Pascal Krajewski à Toulouse a joué un rôle très important dans l’établissement de ce projet (je crois qu’on peut dire que Babeltheque ne serait probablement pas né sans lui). C’est effectivement Toulouse qui est venu nous voir alors que nous connaissions très mal le monde des bibliothèques publiques, et a eu l’idée tout en conservant beaucoup de pragmatisme opérationnel : de fait le premier produit est né extrêmement vite de cette collaboration. Ensuite nous sommes évidemment en contact avec l’ensemble des bibliothèques qui nous font des retours pour améliorer le produit.

Cette entreprise produit des services communautaires et participatifs de qualité à destination des e-lecteurs et désormais son offre pour les bibliothèques commence à s’implanter. Elle est complémentaire des possibilités techniques offertes par les OPAC enrichis dont les bibliothécaires ne se saisissent pas systématiquement.

La Bibliothèque publique d’Ottawa se met aux mobiles

La Bibliothèque Publique d’Ottawa a développé une gamme complète d’applications pour mobiles et tablettes afin de donner accès sur ces outils nomade à tous les services qu’elle propose, notamment son catalogue en ligne et son site internet. Ces applications se répandent dans toutes les bibliothèques nord américaines. En France, en revanche, peu d’établissements de lecture publique ont franchi ce pas. La première bibliothèque a avoir développé une application sur mobile est la BMVR de Toulouse ; elle sera suivie dans peu de temps par les médiathèques du San Ouest Provence qui ont développé une application pour la catalogue Koha et qui en feront bénéficier la communauté des utilisateurs.

Ces outils demeurent donc encore peu répandus en France alors même que les possesseurs de Smartphones ont de plus en plus nombreux.

Construire, développer et faire vivre une offre de services en ligne en bibliothèque publique

Cet article a fait l’objet d’une présentation détaillée à la Bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence le 20 décembre 2011; il est destiné à être enrichi très progressivement.

Produire une offre de services en ligne structurée en bibliothèque publique repose sur une série de préalables : l’informatisation de l’établissement, l’informatisation des collections, la mise en ligne du catalogue et la possibilité pour les usagers d’accéder à internet au sein de la bibliothèque. Ces pré-requis sont d’ailleurs indispensables.

Tout type d’offre peut se structurer assez simplement de la manière suivante :

1. Le développement de services traditionnels dématérialisés :

  • mise en œuvre d’un site internet,
  • mise en ligne du catalogue,
  • déploiement de services facilitant les relations avec l’usager et les transactions : FAQ, suggestions d’achat, remarques et doléances, bibliographies sur demande, compte lecteur, prolongations de prêt, réservations,
  • enrichissement du catalogue avec une dimension participative et la mise en œuvre de catalogues thématiques en fonction des catégories d’âge,
  • déploiement, autour de ce premier volet, de services techniques relevant du web 2.0 (tags (l’indexation personnelle), flux rss (syndication de contenu), etc.)

2. Le développement d’une offre de collections dématérialisées :

  • en matière de livre numérique,
  • en matière de presse,
  • en matière de cinéma (la Video On Demand (VOD) ou la VàD),
  • en matière de musique en ligne,
  • en matière d’autoformation,
  • pour la jeunesse et les adolescents.

3. Le développement de la production de contenus et leur médiation numérique :

  • le déploiement de services de question/réponse,
  • l’éditorialisation de contenu,
  • le développement de services géolocalisés,
  • la valorisation patrimoniale issue de la numérisation.

Les bibliothèques sont désormais amenées à développer rapidement une offre clairement structurée de services en ligne et la formation des personnels dans ce domaine devient un enjeu majeur (alors même que des clivages professionnels demeurent et que l’informatique – nécessaire – peut continuer à faire peur). Pour déployer une telle offre, le cheminement le plus simple est le suivant :

1. Le développement de services traditionnels dématérialisés :

  • mise en œuvre d’un site internet

Il s’agit là du premier outil nécessaire à l’image de la bibliothèque ; et il est absolument nécessaire de dépasser la simple page d’information sur le site internet de la commune. Or, cette pratique est encore beaucoup trop répandue et elle nuit fortement à l’image de l’établissement auprès des usagers.

  • mise en ligne du catalogue,
  • déploiement de services facilitant les relations avec l’usager et les transactions : FAQ, suggestions d’achat, remarques et doléances, bibliographies sur demande, compte lecteur, prolongations de prêt, réservations,
  • enrichissement du catalogue avec une dimension participative et la mise en œuvre de catalogues thématiques en fonction des catégories d’âge (de ce point de vue les bibliothèques du San Ouest Provence comme celle de Lille ont un temps d’avance),
  • déploiement, autour de ce premier volet, de services techniques relevant du web 2.0 (tags (l’indexation personnelle), flux rss (syndication de contenu), etc.)

2. Le développement d’une offre de collections dématérialisées :

  • en matière de livre numérique

L’offre de livres numériques

La place des liseuses et des tablettes numériques

  • en matière de presse,
  • en matière de cinéma (la Video On Demand (VOD) ou la VàD),
  • en matière de musique en ligne,
  • en matière d’autoformation,
  • pour la jeunesse et les adolescents.

3. Le développement de la production de contenus et leur médiation numérique :

  • le déploiement de services de question/réponse,
  • l’éditorialisation de contenu,
  • le développement de services géolocalisés,
  • la valorisation patrimoniale issue de la numérisation (l’exemple de Gallica parle de lui-même).

Le déroulé possible de la formation.