Archives du mot-clé numérique

Fin de partie ?

Bonsoir,

ce blog va bientôt cesser d’exister ; il démarre une autre vie sur la plateforme « Hypotheses.org« .

Vous pourrez continuer à lire les billets et à suivre les éléments de réflexion sur le métier sur le carnet de veille et de vulgarisation qui vient d’ouvrir.

La nouvelle adresse du site est la suivante : http://livbibnum.hypotheses.org/

Bonnes lectures et bon vent.

 

Louis Burle

 

Un agrégateur de contenus numériques : Libook

 

De l’autre côté de la frontière, ma foi,  le livre numérique se développe également et les préoccupations sont similaires à ce qui se déroule dans l’hexagone, comme à l’accoutumée par trop replié sur lui-même. L’édition numérique comme la diffusion numérique se structurent à grande vitesse. Un acteur développant des solutions pour Ipad et Kindle surnage ; il s’agit de la société Libook ; son catalogue n’est pas encore très conséquent ; mais, il n’y a pas de quoi rougir.

 

 

 

Comme ils l’écrivent : « LiBook propose son savoir-faire dans la diffusion et la promotion de livres électroniques (eBooks) sur les plateformes de distribution Amazon Kindle (pour Kindle, Android, iPad, etc.), ainsi qu’Apple Store (pour iMac, iPhone et iPad).  » Une entreprise à suivre donc.

 

Walrus – studio d’édition et de création de livres numériques

Parmi les acteurs de la chaîne du livre numérique qui se constitue peu à peu, émergent les concepteurs de livres numériques augmentés ou multimédias ; le studio Walrus est l’un d’entre eux.

Voici comment ils se présentent :

« WALRUS est un studio de création spécialiste du livre numérique.

Nous mettons à votre disposition tous les outils techniques, innovants et créatifs qui, couplés à notre savoir-faire, vous permettront de réaliser les publications les plus ludiques, inventives et enrichissantes qui soient ! A l’aide de notre équipe, votre ouvrage prendra alors une autre route: celle de la nouveauté, de l’innovation et de l’interactivité.

Vous voulez un avis, un conseil de spécialiste ? WALRUS est là pour vous aider.

En concertation avec vos auteurs, vos équipes éditoriales et rédactionnelles, vos services de communication/marketing si vous êtes une entreprise, nous réfléchissons avec vous à l’expérience que doit être la lecture d’une publication numérique et vous proposons dans les plus brefs délais des solutions techniques et artistiques adéquates.

Walrus est, bien entendu, un expert reconnu de la conversion de livres au format numérique – ePub. Tout ce que vous avez à faire, c’est de nous donner votre texte: nous faisons en sorte de vous offrir ensuite le plus beau ePub qui soit, avec un code limpide (rien à voir avec les logiciels de conversion automatique ou les exports InDesign). Ce code limpide permettra l’élaboration de CSS (mises en page personnalisées) lisibles sur toutes les tablettes et supports, dans les meilleures conditions possibles.

Choisir Walrus, c’est choisir la qualité et l’interopérabilité.

Mais le livre numérique n’est pas qu’homothétique: il est aussi multimédia.

Nous vous offrons, par exemple, de créer les contenus multimédias de vos futurs livres enrichis : qu’il s’agisse de vos vidéos, de vos sonorisations, de vos graphiques interactifs, de vos cartes animées/géolocalisées ou encore de vos animations 3D, ils seront réalisés avec le plus grand soin par nos collaborateurs issus du clip, de la publicité ou du web design. En faisant appel à nous, vous mettez toutes les chances de votre côté.

Mais notre métier ne s’arrête pas là. Car il faut savoir envisager tous les aspects du numérique.

Si vous voulez créer l’événement en testant des narrations alternatives, des modes de lecture qui toucheront l’imagination de vos futurs acheteurs, de la promotion virale orientée réseaux sociaux ou réalité augmentée, n’hésitez pas : chez Walrus, on sait relever les défis.

Nous vous proposons des services de consulting et de conseils personnalisés pour accompagner votre entreprise ou votre projet d’édition. Nous donnons également des conférences publiques autour du livre numérique, et participons à des tables rondes.

On ne vous l’avait pas dit ? Le livre de vos rêves existe déjà. »

La proposition faite est aussi celle de repenser les modes de lecture.

Et ce studio de création de livres numériques se pense en fait comme un véritable éditeur dans la sphère numérique. Ils diffusent d’ailleurs les auteurs produits via l’Itunes Store.

La chaîne du livre « numérique » évolue à grande vitesse et les éditeurs traditionnels demeurent toujours frileux alors même que les pouvoirs publics déploient des moyens financiers conséquents pour les accompagner et les soutenir.

Un article de Rue 89 sur la question du droit d’auteur et du livre numérique en Jeunesse

Rue89 pointe une difficulté chez Milan Jeunesse. L’article a été rédigé par Aurélie Champagne. Il met en lumière quelques difficultés liées à l’adaptation des contrats au numérique ainsi que le fait que certains auteurs ne comprennent pas les nouveaux enjeux dans ce domaine en matière de respect de la propriété intellectuelle.

« Une mystérieuse lettre-contrat invite les auteurs et illustrateurs des publications de cette filiale de Bayard à céder certains de leurs droits sur leurs œuvres futures.

Les unes de Toupie, Toboggan, Moi je lis et Wapiti, Milan Presse, Bayard, 2011

Ils sont illustrateurs ou auteurs pour les magazines Toboggan, Toupie, Histoires pour les petits, Wapiti, J’apprends à lire, Moi je lis ou Julie. Depuis un peu plus d’un an, Milan Presse, filiale du groupe Bayard, leur demande de signer un nouveau document : une lettre-accord « encadrant » leurs conditions de travail.

« Une lettre incompréhensible », selon Clémentine, illustratrice, « du jargon juridique ». L’idée : ceux qui ne signeront pas cette lettre ne pourront pas travailler pour les diverses publications de Milan.

Céder ses droits sur ses œuvres futures

Voir le document

(Fichier PDF)

Cette lettre a valeur de contrat. Elle définit en des termes non-négociables les modalités d’exploitation et de ré-exploitation des créations à venir.

Les auteurs sont invités à céder leurs droits sur l’exploitation numérique et internationale de leurs œuvres. Le contrat est rétroactif et rend caduc les avantages éventuels négociés sur les contrats précédents.

La lettre définit aussi les conditions de rémunération sur les œuvres futures. Or, d’après Emmanuel de Rengervé, juriste au Syndicat national des auteurs et des compositeurs (Snac), la « cession globale d’œuvres futures est prohibée en France ». Il déconseille évidemment aux auteurs et illustrateurs de la signer. (etc.) »

L’écrivain dans l’univers numérique

La SCAM a organisé en janvier dernier un débat sur le thème de « l’écrivain au cœur du numérique ». Une vidéo publiée sur dailymotion donne accès à l’intégralité des échanges. Les participants sont les auteurs et personnalités faisant autorité dans le domaine. Il est vrai qu’ils ne sont pas si nombreux.

http://www.dailymotion.com/embed/video/xgmmhx
L'écrivain au cœur du numérique par La_Scam

Le futur du Web

Un article d’Olivier Ertzscheid publié le 25 octobre 2011 sur le site OWNI fait le point le point sur cette question en abordant les domaines suivants :

  • Ce qui a réellement changé : capter l’attention
  • Rendre compte de la dissémination et du mouvement
  • Brassage des données dans un “jardin fermé
  • La marchandisation de toute unité documentaire recensée
  • Une base de données des intentions
  • Les risques d’une macro-documentation du monde

Mais le futur du web est également approfondi par d’autres chercheurs et journalistes. Le site ZDnet l’évoque en trois articles (1,2,3) techniquement très documentés.

La vision également très intéressante et détaillée de Pierre Gandon.

Enfin un excellent blog sur le web sémantique.

Un entretien avec Lionel Dujol : la médiation numérique

Lionel Dujol est en charge de la médiation numérique au sein de la médiathèque de Romans. Il est spécialiste des questions de médiation numérique et anime un blog sur le sujet.

Il a développé tout un discours sur la question et anime une formation sur ce thème avec Sylvère Mercier pour le compte de l’Inet (BiblioQuest).

Quel est votre parcours ? et comment en êtes vous arrivé à la médiation numérique ?

Je suis historien de formation et je me destinais à être enseignant chercheur en histoire urbaine. Je n’avais ni la fibre du bibliothécaire et ni un amour particulier pour les livres. Je suis arrivé dans le monde des bibliothèques par un concours de circonstance …. Concours que j’arrive néanmoins à décrocher en 1998, date à laquelle j’arrive à Romans sur Isère. J’étais internaute et très intéressé par l’émergence de ce que nous appelions à l’époque les autoroutes de l’information. Et c’est tout naturellement – presque par défaut – que je m’occupe du projet du site web de la médiathèque. En fait, il ne s’agissait pas d’un site a proprement parlé mais d’un opac web qui brillera par sa froideur et sa rigidité technique. Je comprends que cet outil ne pourra jamais être celui qui nous donnera une présence web digne de ce nom. Cette frustration va être le départ de ma réflexion sur ce que nous appelons aujourd’hui la médiation numérique.

Qu’est-ce que la médiation numérique selon vous ?

Silvère Mercier a proposé une définition qui fait autorité aujourd’hui :

“La médiation numérique est une démarche visant à mettre en œuvre des dispositifs de nature techniques, éditoriaux ou interactifs pour favoriser l’accès organisé ou fortuit, l’appropriation ou la dissémination de contenus à des fins de diffusion des savoirs et des savoir-faire.”

Il s’agit d’organiser une rencontre. Celle d’une offre et d’une demande documentaires. Mais cette rencontre ne peut s’effectuer dans la prescription d’un seul et unique parcours vers les collections. L’usager est multiple, emprunteur ou simple consultant, inscrit ou non inscrit, usager internaute de la bibliothèque hybride ou internaute usager de la bibliothèque en ligne seulement, habitant du territoire physique ou habitant du territoire numérique. Toutes les combinaisons sont possibles. La bibliothèque se doit de proposer le plus grand nombre possible de portes d’entrée vers les collections. Le site institutionnel de la bibliothèque et son catalogue en sont une. Nous devons en proposer d’autres. Aux bibliothécaires d’orienter l’usager internaute plus que lui prescrire un parcours.

De nombreuses bibliothèques ont déjà engagé ce travail en s’emparant des nombreux outils du web social, les blogs ou encore les réseaux sociaux. Ces espaces sont souvent pensés comme des annexes du site de la bibliothèque sur le web social. Des outils de dissémination de l’information institutionnelle qui s’inscrivent dans une stratégie de communication afin de faire mieux connaître l’institution et donner une image moderne de la bibliothèque et de ses agents.

Mais cette approche n’est pas suffisante, il faut aussi proposer et disséminer des contenus éditorialisés présentant une plus value informationnelle certaine. Cette large diffusion d’informations à valeur ajoutée est une condition nécessaire pour susciter des interactions avec des internautes, pour participer à la médiation culturelle sur internet qui est aujourd’hui organisée par les vendeurs et les grands médias. Une véritable force à l’heure où beaucoup d’usagers internautes se perdent dans la jungle informationnelle et sont demandeurs de recommandations, de pistes à explorer. Il est important que la bibliothèque se positionne au sein des communautés d’intérêt qui animent le web social et qui vont bien au delà des usagers de la bibliothèque.

Si la gestion d’un fonds documentaire reste un pilier de notre métier, il n’est plus exclusif. La gestion de « sa visibilité », la recommandation de ressources externes et l’animation du réseau des lecteurs et/ou des communautés d’intérêts potentiels rattachés à ces documents sont d’une importance égale si ce n’est plus à l’heure du web social. La bibliothèque s’éditorialiste, le bibliothécaire devient le “journaliste de ses collections” et des ressources web qu’il aura repérées. Il s’agit ni plus ni moins de mettre à disposition de tous – usagers et internautes – une expertise bibliothécaire au sein de la société du savoir et de l’information qui s”inscrit dans un territoire physique et numérique. Une médiation globale dans un espace documentaire pensé de manière global. C ‘est ce que nous essayons d’expérimenter dans les Médiathèques du Pays de Romans.

Au-delà de votre travail de veille, qu’expérimentez-vous au sein des Médiathèques du Pays de Romans ?

En 2006, nous lançons Everitouthèque, un blog de recommandations de lecture et d’écoute à travers des thèmes et des genres forts. L’écriture est collaborative. Une vingtaine de bibliothécaires, des lecteurs, des libraires locaux, des partenaires contribuent. Le succès de ce blog a permis de valider le projet de médiation numérique des collections au sein des Médiathèques du Pays de Romans. Cela s’est traduit par la création d’un poste de responsable des services numériques et de la médiation numérique des collections – poste que j’occupe. Aujourd’hui nous avons un portail de contenus, une page Facebook et un compte twitter portant l’identité numérique institutionnelle. L’identité thématique de la bibliothèque est elle défendue via quatre blogs, un profil Facebook sur la Bédé et un compte twitter sur la culture numérique. S’y ajoute de nombreux outils de scénographie numérique des collections tels que des cartes, des frises chronologiques ou des « dossiers documentaires animés » conçus avec le service Prezi.

La médiation des collections est enfin globale et se décline sur des supports tangibles. La médiation est donc organisée en un écosystème informationnel dans lequel chaque contenu se ré-impacte sur tous les supports. La médiation dans le lieu physique doit exister dans l’espace numérique de la bibliothèque et vis et versa.
Ce travail de médiation numérique ne s’improvise pas et ne se résume donc pas au simple fait d’ouvrir un blog ou une page sur Facebook. La réussite de ces dispositifs s’appuie sur un projet éditorial et une (ré) organisation de la bibliothèque. Organisation d’une chaîne de publication et de validation des contenus proposés par la bibliothèque, intégration de ce travail dans le temps de travail effectif des agents, révision des profils de postes pour les bibliothécaires producteurs de contenus, mise en place d’un plan d’accompagnement de tous les agents afin qu’une culture numérique commune existe au sein de l’équipe. Il s’agit notamment de cycle de conférences en interne, “Les jeudis du numérique”, d’un portail interne de veille “Face B” ou encore de favoriser l’auto-formation et sa valorisation.