Archives du mot-clé numérique

Un colloque à suivre sur le site de l’arl paca !
intervenants de grande qualité.
Les actes seront sous peu disponibles.

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L’écran : un loisir dominant

L’Insee dans sa grande enquête sur les Conditions de vie des ménages publiée en novembre 2011 donne à voir que le temps moyen passé devant les écrans s’est nettement accru depuis les dix dernières années. Ce temps passé est l’un des moments clefs du temps de loisir journalier. Les autres pratiques culturelles liées au loisir ont dans l’ensemble reculé. Le constat dressé par l’Insee est donc sans appel.

Temps libre : la moitié est passée devant un écran

Le temps libre est le temps qui n’est consacré ni aux besoins physiologiques ni au travail ni aux tâches domestiques ni au transport. Il est de 4h58 en 2010, soit 7 minutes de plus qu’en 1999.

La télévision reste de loin le principal loisir des Français, qui la regardent deux heures par jour en moyenne, comme en 1999. Les femmes au foyer la regardent plus qu’en 1999 (19 minutes de plus), les étudiants, moins (une demi-heure de moins).

Les Français passent en moyenne 2h30 par jour devant un écran pour des raisons non professionnelles, que ce soit l’activité principale ou non. Si le temps passé devant la télé croît avec l’âge, ce n’est pas le cas du temps passé devant un écran. En effet, les plus jeunes passent plus d’une heure par jour en moyenne devant un écran d’ordinateur, tandis que les plus de 50 ans ne lui accordent que 20 minutes (graphique). Les lycéens et les étudiants ont en partie remplacé la télévision par l’ordinateur et l’Internet : une demi-heure de moins pour la première, trois quarts d’heure de plus pour les seconds. Quel que soit l’âge, il s’agit d’une activité typiquement masculine : les hommes de moins de 25 ans passent ainsi une demi-heure de plus que les femmes du même âge devant un ordinateur.

Le temps consacré à la lecture (livres, journaux, y compris lecture de journaux sur Internet) a diminué d’un tiers depuis 1986, perdant 9 minutes par jour. Les inactifs et les chômeurs ont particulièrement contribué à cette évolution, mais en fait, tout le monde lit de moins en moins. Les retraités restent les plus gros lecteurs, avec plus d’une demi-heure de lecture par jour.

En 2010, en moyenne, 33 minutes sont consacrées quotidiennement aux jeux (de société, individuels type mots croisés…) ou à Internet, soit 17 minutes de plus qu’en 1999. Les hommes y passent, en moyenne, 42 minutes par jour, contre 26 pour les femmes. Le temps consacré aux jeux et à Internet se décompose principalement en l’utilisation personnelle d’Internet (55 % pour les hommes et  52 % pour les femmes) et en jeux sur console ou ordinateur (19 % pour les hommes et 8 % pour les femmes).

Graphique – Temps passé devant un écran selon l’âge et le sexe

Graphique : Temps passé devant un écran selon l’âge et le sexe

Lecture : Les hommes de 15 à 24 ans passent 2h01 minutes devant la télévision, 16 minutes devant la télévision mais en utilisant aussi un ordinateur, et 1h41 devant un ordinateur uniquement.

Champ : personnes de 15 ans et plus en France métropolitaine.

Source : Insee, enquête Emploi du temps 2009-2010.

L’évolution des bibliothèques – un slideshare éclairant

Ci-dessous un Slideshare de Vincent Chapedelaine, travaillant à Montréal pour la structure Espace Temps à Montréal. Il permet de prendre la mesure de ce que pourrait être l’évolution des bibliothèques en fonction de l’intégration de nouvelles pratiques te usagers culturels émergents, notamment autour du numérique.

Le prix du livre numérique – conditions d’application en France

Le décret (2011-1499) du 10 novembre 2011 permettant de fixer un prix pour le livre numérique vient de paraître au journal officiel ; ce décret est pris en application des articles 1 et 2 de la  loi du 26 mai 2011 relative au prix du livre numérique :

« La présente loi s’applique au livre numérique lorsqu’il est une œuvre de l’esprit créée par un ou plusieurs auteurs et qu’il est à la fois commercialisé sous sa forme numérique et publié sous forme imprimée ou qu’il est, par son contenu et sa composition, susceptible d’être imprimé, à l’exception des éléments accessoires propres à l’édition numérique. »

La loi détermine le prix de cette manière (article 2) :

« Toute personne établie en France qui édite un livre numérique dans le but de sa diffusion commerciale en France est tenue de fixer un prix de vente au public pour tout type d’offre à l’unité ou groupée. Ce prix est porté à la connaissance du public. »

Une exception est prévue pour les institutions publiques ou privées pour des licences destinées à un usage collectif (cela permet donc le prêt numérique en bibliothèque):

« Les licences bénéficiant de l’exception définie au présent alinéa doivent être destinées à un usage collectif et proposées dans un but professionnel, de recherche ou d’enseignement supérieur dans le strict cadre des institutions publiques ou privées qui en font l’acquisition pour leurs besoins propres, excluant la revente. »

Le décret (2011-1499) du 10 novembre 2011 définit des critères permettant de fixer le prix du livre numérique ; ces derniers portent sur lecontenu de l’offre, les modalités d’accès ainsi que les modalités d’usage :

« ― le contenu d’une offre peut être composé de tout ou partie d’un ou plusieurs livres numériques ainsi que de fonctionnalités associées ;
― les modalités d’accès au livre numérique s’entendent des conditions dans lesquelles un livre numérique est mis à disposition sur un support d’enregistrement amovible ou sur un réseau de communication au public en ligne, notamment par téléchargement ou diffusion en flux (« streaming ») ;
― les modalités d’usage du livre numérique se rapportent notamment au caractère privé ou collectif de cet usage, à la durée de mise à disposition du livre numérique, à la faculté d’impression, de copie et de transfert du livre numérique sur divers supports de lecture. »

Ce décret vient donc donner un cadre précis au prix à fixer par l »éditeur au livre numérique. En revanche, rien n’est dit sur le taux de TVA s’appliquant ; celui demeure à 19,6%.

Une enquête de l’Inria sur la perception du numérique numérique

L’Inria a diligenté une enquête sur la perception du numérique par les français. Les résultats sont disponibles sur le site de l’Inria ; en voici le principal extrait, particulièrement éclairant :

« Les enseignements clés du baromètre :

Des Français ouverts à ce Nouveau Monde

Les Français sont en général plutôt confiants (64 % des individus interrogés) et curieux (71 %) quant aux avantages, aux bénéfices et à l’influence du numérique dans leur quotidien.

Six profils de voyageurs numériques

Les Français n’ont pas tous la même façon d’appréhender ce monde façonné par les sciences du numérique. Certains ont déjà pris possession de ce Nouveau Monde, d’autres refusent le « tout-numérique »… 

  • Les grands Explorateurs (18 %) : Pionniers du numérique et toujours en tête de file, ils sont les premiers spécimens de l’homo numericus. Ils prennent véritablement possession de ce Nouveau Monde et s’y déplacent aisément, toujours en quête de lieux insolites à découvrir.
  • Les Baroudeurs pragmatiques (16 %) : Ils se déplacent rapidement sur ces territoires défrichés par les grands Explorateurs, dans une démarche avant tout pragmatique. Curieux et ouverts, lucides sur ses potentiels, ils ont également conscience de ce que le « monde d’avant » avait de structurant et mettent en avant la responsabilité dans leur exploration.
  • Les apprentis Voyageurs (20 %) : Ils viennent tout juste de s’engager sur les sentiers du Nouveau Monde. Aventureux et enthousiastes, ils n’osent que rarement cependant emprunter ses chemins sauvages.
  • Les Randonneurs vigilants (16 %) : Ils savent qu’ils font partie d’un monde en mutation, mais se méfient des territoires qu’ils découvrent et font un usage encore relativement modéré de leurs propres découvertes.
  • Les Révoltés du numérique (10 %) : Observant les évolutions de ce Nouveau Monde d’un œil inquiet, ils utilisent les nouvelles technologies, mais n’apprécient pas les conséquences. Ces nouveaux espaces les rendent nostalgiques et ils rêvent de rembarquer dans le monde d’avant pour retrouver leur confort et leurs repères.
  • Les bienheureux Sédentaires (16 %) : Le numérique est loin d’être indispensable pour eux. Ils ne s’y confrontent pas ou peu dans leur vie quotidienne et ne cherchent pas à s’informer des évolutions dans ce domaine. Ils ne sont pour autant pas opposés aux évolutions et peuvent réviser leur jugement avec des exemples concrets d’utilisation. »

A signaler, l’infographie réalisée sur le site d’Owni d’excellente facture.

Babelio : un entretien avec Pierre Frémeaux

Pierre Frémeaux dirigeant la société Babelio a bien voulu répondre à quelques questions.

Quelle est l’idée qui est à la genèse du projet Babelio ?

A partir du milieu des années 2000, internet a connu une mutation technologique et sociologique importante, de média de consultation qu’il était, il devient un média de participation. Très vite nous avons pensé que cela ouvrait une opportunité pour transférer le bouche à oreille sur internet, notamment pour la recommandation et l’échange de lectures. Parallèlement, la bibliothèque personnelle est un élément d’identité culturelle très fort, tous les grands lecteurs savent cela : quand on est invité pour la première fois chez quelqu’un on scrute sa bibliothèque et on devine des possibilités de partage, on découvre des oeuvres qu’on aimerait lire, qu’on a lu, qu’on ignore totalement etc. Babelio est un peu né à la croisée de ces deux sujets : le réseau social et la bibliothèque personnelle. Le site est ainsi devenu tout à la fois un outil pour créer des listes de lecture – une bibliothèque virtuelle en quelque sorte – et un outil pour partager des lectures, des avis, des extraits, des suggestions etc.

Quel est aujourd’hui le modèle économique de Babelio et ses limites ?

Le modèle est double :

  1. offrir aux éditeurs une caisse de résonance pour la sortie de leurs nouveautés, c’est un outil de promotion qui passe par des formats classiques (la publicité sous plusieurs formats possibles) ou interactifs (jeux concours, jurys littéraires en ligne, services de presse en ligne où des titres sont envoyés à des chroniqueurs en l’échange d’une chronique)
  2. offrir des outils de recommandation aux bibliothèques (notre service babeltheque.com) : Les usagers des bibliothèques sont en demande de recommandation et de conseil. Aujourd’hui la seule information différenciante dont dispose un usager cherchant un titre dans un OPAC, c’est – à peu de choses près – la disponibilité. Notre service permet d’enrichir les notices bibliographiques avec tout le savoir-faire de notre communauté de passionnés et de nos outils technologiques, parfois très complexes. On retrouvera ainsi sur une notice de bibliothèque : des avis d’internautes, des critiques de professionnels, des chroniques de presse, des extraits de l’œuvre, des nuages de mots clés d’indexation, des suggestions de lecture, des vidéos d’auteur etc. Tout cela permet d’enrichir l’expérience de l’usager dans l’OPAC et de favoriser les emprunts en bibliothèque.

Une limite du modèle économique peut être : comme le disait http://bibliotheque20.wordpress.com/ « On n’avancera pas en attendant l’outil parfait. On avancera en participant de l’élan : en faisant des trucs, ou en sponsorisant des trucs à potentiel » . Il y a quelques années, certaines bibliothèques étaient réticentes à ces services car ils souhaitaient que ce soient les participations de LEURS usagers qui alimentent l’OPAC : nous avons tenté d’expliquer à plusieurs reprises qu’une communauté ne se créait pas par l’adjonction de fonctions sociales et que notre métier était justement d’enrichir les catalogues de notre expérience en ce domaine. Aujourd’hui ce débat est tranché, comme l’a noté récemment Bibliobsession ici « les catalogues de bibliothèque ne seront pas massivement participatifs« , pendant ce temps les catalogues n’ont pas de services de recommandation et c’est surtout, outre notre produit, l’usager qui en pâtit.

Où en est l’action entreprise en termes statistiques ?

Nous sommes très transparents en terme de statistiques, vous pourrez ainsi retrouver tout cela sur le site. Aujourd’hui Babelio est la toute première communauté de lecteurs, nous réunissons

  • 500 000 visiteurs chaque mois et 38 000 membres inscrits, qui ont contribué en ajoutant
  • 86 113 citations et extraits choisis- 135 496 critiques et avis de lecteurs et professionnels
  • 1 637 521 livres catalogués
  • 1 826 571 tags d’indexation
  • 36 668 vidéos d’auteurs
  • 46 649 biographies d’auteurs

Quels sont vos projets pour la prochaine année ?

Ils sont nombreux, nous avons des fonctionnalités à apporter au site, qui seront transférées également sur Babeltheque. Nous pensons notamment, maintenant que la communauté s’est élargie, à améliorer les fonctions de distinction par genre littéraire. Par ailleurs nous avons travaillé avec des partenaires externes pour agréger du contenu (40 sources de critiques de presse, des vidéos issues de l’INA ou des sites de partage etc.), c’est aussi un sujet que nous allons creuser, afin d’enrichir la base de données.

Quel type d’offre avez-vous développé pour les bibliothèques ? et quelles relations entretenez-vous avec ces/les bibliothèques (Toulouse, San Ouest Provence, etc.) ?

Babelthèque est l’offre évoquée ci-dessus d’enrichissement du catalogue, qui s’intègre aux OPAC par un simple webservice. Un point peut être à préciser : aujourd’hui Babelthèque offre à la fois du contenu (critiques d’internautes et de professionnels, chroniques de presse, extraits, vidéos, etc.), des services (outil de contribution dans l’OPAC, modération des contenus par nos soins etc.) et des technologies. Sur ce dernier point en particulier nous avons passé beaucoup de temps à raffiner notre moteur de recommandation de lecture (qui permet de dire à l’usager « Si ce livre vous plaît la bibliothèque vous recommande également tel ou tel autre présents dans le catalogue« ), qui est un problème très complexe. En outre nous avons fait de nombreux traitements algorithmiques, documentaires ou sémantiques pour filtrer les mots clés d’indexation (cf : http://www.scribd.com/doc/37162752/L%E2%80%99indexation-communautaire-en-bibliotheque).

En terme de relation, que dire? Pascal Krajewski à Toulouse a joué un rôle très important dans l’établissement de ce projet (je crois qu’on peut dire que Babeltheque ne serait probablement pas né sans lui). C’est effectivement Toulouse qui est venu nous voir alors que nous connaissions très mal le monde des bibliothèques publiques, et a eu l’idée tout en conservant beaucoup de pragmatisme opérationnel : de fait le premier produit est né extrêmement vite de cette collaboration. Ensuite nous sommes évidemment en contact avec l’ensemble des bibliothèques qui nous font des retours pour améliorer le produit.

Cette entreprise produit des services communautaires et participatifs de qualité à destination des e-lecteurs et désormais son offre pour les bibliothèques commence à s’implanter. Elle est complémentaire des possibilités techniques offertes par les OPAC enrichis dont les bibliothécaires ne se saisissent pas systématiquement.

La Bibliothèque publique d’Ottawa se met aux mobiles

La Bibliothèque Publique d’Ottawa a développé une gamme complète d’applications pour mobiles et tablettes afin de donner accès sur ces outils nomade à tous les services qu’elle propose, notamment son catalogue en ligne et son site internet. Ces applications se répandent dans toutes les bibliothèques nord américaines. En France, en revanche, peu d’établissements de lecture publique ont franchi ce pas. La première bibliothèque a avoir développé une application sur mobile est la BMVR de Toulouse ; elle sera suivie dans peu de temps par les médiathèques du San Ouest Provence qui ont développé une application pour la catalogue Koha et qui en feront bénéficier la communauté des utilisateurs.

Ces outils demeurent donc encore peu répandus en France alors même que les possesseurs de Smartphones ont de plus en plus nombreux.