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Lecture publique et territoires : à l’heure du renforcement de la périurbanisation

La récente création d’un ministère en charge de l’égalité des territoires attire l’attention, tout particulièrement quand la réflexion géographique livre à notre sagacité une analyse sur l’évolution urbaine du pays. De fait, la DATAR a posé et pose régulièrement un regard distancié sur l’évolution urbaine du pays. Et, si désormais plus de 80% de la population française vit dans une aire urbaine, ce sont les marges des villes qui se développent, et ce de manière très diversifiée. La périurbanisation est le phénomène majeur de ces 15 dernières années ; elle a changé l’espace en France, entre rurbanisation et mitage. Ce phénomène a créé une multitude d’espaces urbains interstitiels en marge des métropoles et des villes moyennes. Désormais l’enjeu principal en matière d’aménagement du territoire tient dans la gestion, la vie et l’équipement de ces espaces fait de petites villes de moins de 50 000 habitants le plus souvent. La ville s’est fragmentée ; il convient de réunir ces morceaux éparses.

Ces territoires sont ceux qui ne possèdent pas d’équipements suffisants, notamment de structures culturelles ; et les bibliothèques figurent au premier rang. Les politiques publiques s’en sont saisies au milieu des années 90. Le programme des ruches porté par la DLL – à l’époque – avait pour vocation un rééquilibrage des territoires ruraux et périurbains. Il s’est tari. La politique des Contrats Territoire Lecture s’inscrit également dans ce cadre. Toutefois, ils ne portent que sur le développement culturel ou la préfiguration d’équipement. Une politique publique reste à reconstruire dans ce contexte.

Elle devra forcément mettre l’accent :

  • sur des équipements mixant les services et les usages culturels,
  • facilement accessibles et ayant une vocation d’équilibre,
  • un portage par un EPCI,
  • une politique d’action culturelle renforcée ainsi qu’un service hors-les-murs efficace.
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Lecture publique et réforme territoriale

La loi de décembre 2010 sur la réforme de collectivités territoriales a introduit de profonds changements dans le millefeuille des collectivités locales. L’élément le plus important tient dans la refonte de la carte des intercommunalités. En effet, leur nombre sera à terme réduit de 20%. Pour les autres collectivités, leur devenir est étroitement lié à la question du conseiller territorial. Un autre point crucial n’est pas encore réglé. Il s’agit de la question de la répartition des compétences. La culture et le sport échapperont à cela.

Il est bon de rappeler toutefois que la compétence « lecture publique » n’est pas obligatoire pour la majorité des collectivités. Elle ne l’est que pour l’Etat et les départements depuis la deuxième phase de la centralisation.

Les communes et les intercommunalités ne disposent pas toutes d’une bibliothèque. Néanmoins, désormais, l’intercommunalité devient le meilleur niveau pour porter un projet de lecture publique. La rationalisation de la carte intercommunale ainsi que la répartition des compétences constituent  au final une réelle chance pour les bibliothèques\médiathèques.

La première incertitudes qui se fait jour tient dans le positionnement des Bibliothèques départementales de prêt au sein de territoires où de grosses intercommunalités se forment. cela est d’autant plus vrai dans les départements ruraux. Ce sont les missions mêmes de la BDP qui sont interrogées, au premier desquelles la desserte. Cette mission doit être maintenue mais cela se fera au prix d’un grand nombre d’ajustements, notamment dans le cadre des intercommunalités ayant déjà la compétence lecture publique (arrêts de points desserte, prise en charge de nouveaux établissements, re-conventionnement général, etc.)

Toutefois, le changement le plus important tiendra davantage dans l’évolution des services offerts. Face à la diminution de la desserte (c’est une évolution inéluctable), les BDP  – comme c’est déjà le cas pour certaines d’entre elles – vont se transformer en agences de moyens et de services en matière d’action culturelle, de formation mais également d’expertise professionnelle.

Outre le positionnement des BDP, va également se poser la question des interventions des conseils régionaux. En effet, même si les financements croisés seront toujours possibles, la réréfaction des ressources financières et une claire répartition des compétences ne permettront plus de facto aux régions de financer aussi massivement la culture et, en particulier la lecture publique (tout au moins pour les constructions).

Un nouveau paysage va peu à peu se dessiner et il affectera profondément la lecture publique.